LOME, 29
août (Xinhua) -- Les innondations du mois de juillet suite à des pluies
diluviennes ayant fait une dizaine de milliers de sinistrés, détruit neuf
ponts et des cultures ont mis le peuple togolais à l'épreuve de la
solidarité, ont constaté des observateurs locaux de la vie socio-politique
du pays.
Pour la première fois le Togo, n'ayant enregistré
jusque-là que des sinsitrés dans certaines régions, a fait la douloureuse
expérience d'une catastrophe naturelle à l'échelle nationale qui
a mis à l'épreuve un peuple souvent présenté comme divisé, en terme
ethnique et régionaliste, par les querelles politiques, ont fait
remarquer les observateurs.
Etonnamment, les partis politiques, les
organisations et associations nationales et les confesssions religieuses
se sont mobilisés, chacun de son côté, pour apporter du soutien en vivres
et autres biens aux sinsitrés.
Surtout les partis politiques ont respectivement
manifesté leur compassion aux populations victimes des innondations, bien
qu'ils ne parviennent pas à surmonter leur division pour constituer,
dans cette situation, un front uni d'aide.
Au Parlement, il a été requis de chaque député une
cotisation de 100.000 francs CFA et l'Assemblée Nationale a en outre
décidé de la création à son niveau d'un Fonds social.
"Outre l'état des sinistrés qui retient notre
attention, la destruction des ponts aura des conséquences sur notre
économie", a relevé le président du Parlement, Abass Bonfoh, qui a appellé
au " triomphe du civisme".
Les opérateurs économiques, notamment les
responsables des sociétés de la Zone franche, le Patronat, et le secteur
bancaire sont entrés dans la danse en apportant assistance aux sinistrés.
Ils ont également exprimé leur disposition à accompagner
matériellement et financièrement le gouvernement dans la
reconstruction des infrastructures détruites.
Le chef de l'Etat togolais, Faure Gnassingbé, qui a
rendu visite à des sinistrés le 18 août dernier, a estimé qu'il reste à
"tirer les enseignements" de ce qui s'est passé.
"Tirer les enseignements, c'est comprendre ce qui
s'est passé, d'identifier les causes, de faire la part des choses entre ce
qui relève de la négligence, de la faiblesse de nos propres
structures et ce qui est du domaine de la catastrophe naturelle", avait-il
relevé aux populations.
De mémoire jusqu'à cette épreuve, la mobilisation à
caractère de solidarité à l'échelle nationale a été constatée dans les
années 1980 avec des cotisations volontaires effectuées par les
Togolais de toutes les couches socio-professionnelles pour aider le
gouvernement dans un projet de construction de silos pour la conservation
de l'excédant de la production céréalière du pays.
Depuis lors, cette forme de mobilisation n'a
réapparu qu'au tour du football. Elle a été très manifeste en 1998
vis-à-vis de l'équipe nationale de football pendant la phase finale de la
Coupe d'Afrique des Nations jouée à Ouagadougou au Burkina Faso; quand
également, toutes les couches socio-professionnelles avaient, dans un
sursaut national, fait des cotisations volontaires en vue de créer les
conditions favorables d'évolution à l'équipe.
Ainsi, pour bien d'analystes, la solidarité
constatée devant l'épreuve du sinistre de juillet est une preuve que,
toujours, les Togolais sont capables de mobilisation pour une cause
nationale dans un élan de solidarité et que le Togo peut facilement
parvenir à se réconcilier avec lui-même. Fin