WASHINGTON, 28 août (Xinhua) -- L'économie
américaine s'est accrue de 3,3% au cours du second trimestre de 2008, de
manière beaucoup plus forte que les prévisions initiales, a annoncé jeudi
le département du Commerce dans un rapport.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) au
second trimestre a essentiellement reflété les contributions positives
issues des exportations, des dépenses de consommation
individuelle, des dépenses publiques et des structures non-résidentielles,
a affirmé le département en publiant le rapport.
(Photo: Xinhua/Reuters)
Cette performance trimestrielle de l'économie
américaine dépasse largement la prévision initiale du gouvernement fédéral
(1,9%) et celle de Wall Street (2,7%).
Le PIB mesure la valeur des marchandises et des
services produits au sein des Etats-Unis. Celui au second trimestre sera
révisé encore une fois par le département.
Entre avril et juin, les dépenses des consommateurs,
qui représentent les deux tiers des activités économiques, ont
augmenté de 1,7% en glissement annuel (contre 0,9% au précédent
trimestre), grâce aux mesures d'incitation économiques.
Les dépenses sur les projets de logement ont reculé
de 15,7%, contre -25,1% au premier trimestre de l'année et -27% au dernier
trimestre de l'année dernière.
La principale force propulsive pour la croissance
est le secteur de l'exportation, qui a progressé de 13,2%, contre 9,2%
initialement rapporté, en raison du dollar faible, tandis que les
importations des produits et les services ont chuté de 7,6%, contre
-6,6% initialement.
"Par rapport à une récession l'économie s'accroît
certainement très rapidement", a affirmé Avery Shenfeld de CIBC World
Markets.
"La croissance est principalement due aux
exportations et les pessimistes pourraient dire que cela ne peut continuer
lors de la croissance ralentie à l'étranger, mais je voudrais dire que
cela a eu lieu précisément lors de la période de croissance ralentie à
l'étanger... C'est encore une économie qui est confrontée à des
moments de lenteur, non une récession", a-t-il expliqué.
La Maison Blanche a de son côté salué le gain. "Ce
niveau de croissance prouve la résistance de notre économie, même face à
la hausse des prix énergétiques et au déclin du marché du logement",
a estimé la porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.
Cependant, beaucoup d'économistes prédisent que le
rythme de croissance ne continuera pas du fait des faibles dépenses des
consommateurs, alors que certains économistes prédisent même que
l'économie pourrait plonger dans une éventuelle récession plus tard
dans le courant de l'année.
"Il y aura de lourds coups pour l'économie
américaine durant les prochains trimestres", a prévu Lynn Reaser du groupe
Bank of America's Investment Strategies.
"Je vois une possible récession d'ici à la fin de
l'année, mais ce sera une récession relativement courte et une récession
relativement modeste", a estimé Martin Regalia de la Chambre du
commerce américaine.
"Certains problèmes économiques sont un peu plus
fondamentaux que la consommation", a-t-il ajouté.
Au dernier trimestre de 2007, le PIB américain a
baissé de 0,2% en glissement annuel, selon les révisions annuelles rendues
publiques le mois dernier par le département.
Cette baisse a marqué la pire performance depuis le
troisième trimestre de 2001, où l'économie a connu une récession. Une
récession est typiquement marquée par deux trimestres consécutifs de
croissance négative.