GENEVE, 28 août (Xinhua) -- Les inégalités sociales,
y compris dans les pays développés, ont une influence directe sur la
mortalité et "tuent à grande échelle", affirme un rapport de
l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publié jeudi.
"Un enfant né dans une banlieue de Glasgow, en
Ecosse, aura une espérance de vie inférieure de 28 ans à un autre né à
peine treize kilomètres plus loin. L'espérance de vie à la naissance
d'une fille au Lesotho est inférieure de 42 ans à celle d'une autre
née au même moment au Japon. En Suède, le risque pour une femme de décéder
pendant une grossesse ou lors d'un accouchement est de 1 pour 17 400,
alors qu'en Afghanistan il est de 1 pour 8", tels sont les exemples cités
dans un nouveau rapport issu d'une enquête de trois ans menée par les
membres de la Commission des déterminants sociaux de l'OMS.
Les inégalités sanitaires ont depuis longtemps été
mesurées entre les pays, mais la Commission met l'accent sur les "écarts
sanitaires" existant à l'intérieur des frontières nationales, en
indiquant que les différences entre les pays et à l'intérieur des
pays en matière de santé n'ont pas d'explication biologique.
La Commission impute ces inégalités à un ensemble de
principes, de politiques et de mesures économiques "peu judicieuses".
Le rapport, intitulé " Combler le fossé en une
génération: instaurer l'équité en santé en agissant sur les déterminants
sociaux de la santé" conclut que "l'injustice sociale tue à
grande échelle".
La directrice générale de l'OMS Margaret Chan a
souligné lors d'une conférence de presse que "les inégalités en matière de
santé ne sont pas une fatalité, mais la conséquence d'un échec de la
politique".
Le Dr Chan a indiqué que la prévention doit jouer un
rôle beaucoup plus important, "parce que l'on ne peut pas se permettre
des systèmes de santé dont les coûts ne cessent de s'accroître",
notamment à cause de l'augmentation des maladies chroniques.
Pour les membres de la Commission, l'amélioration du
sort des femmes serait la première à prendre pour apporter une
amélioration considérable à la santé et à l'espérance de vie de milliards
d'êtres humains.
La richesse à elle seule ne détermine pas l'état de
santé d'une population. Certains pays à faible revenu comme Cuba, le
Costa Rica, la Chine, l'Etat du Kerala en Inde et le Sri Lanka
ont atteint des niveaux de santé satisfaisants malgré un revenu
national relativement peu élevé, précise les auteurs du rapport.
La Commission recommande de centrer la
lutte contre les problèmes sanitaires non pas sur la médication ou les
soins mais sur les conditions et les modes de vie.