(Photo: Xinhua/Reuters)
PARIS, 27 août (Xinhua) -- Le président français
Nicolas Sarkozy a évoqué, dans son discours prononcé mercredi à Paris
devant la conférence annuelle des ambassadeurs, plusieurs évolutions
majeures qui ont marqué un "changement d'époque" dans le monde.
La crise financière qui a débuté avec le "scandale
des subprimes" aux Etats-Unis, est la première qui a atteint "le
coeur du capitalisme mondial", "avec la perspective, si nous ne faisons
rien, d'une déconnexion durable de la croissance des pays de l'OCDE
avec celle des pays émergents", a noté le président Sarkozy.
"Les cartes de la puissance économique et politique
sont redistribuées", a signalé le président français, estimant que les
pays émergents et la Russie, forts de la nouvelle donne
économique, voudraient intégrer le "nouveau concert des grandes
puissances", " mais à leurs conditions".
"Le temps est révolu où l'Occident donnait seul le
ton, servait de référence et imposait sa vision", a-t-il ajouté.
Le président Sarkozy a prôné le renforcement de
l'Europe, " indispensable acteur global", et le relancement avec
détermination des initiatives sur la gouvernance mondiale. Il a proposé la
réforme du Conseil de sécurité de l'ONU, et l'élargissement du G-8 au
G-13 ou mieux, G-14, ce dernier qui pourrait s'occuper des questions
globales telles que l'environnement, l'énergie et l'économie
mondiale.
L'"ère des +puissance relatives+" et les
insuffisances d'un système multilatéral fragmenté sont porteuses de
risques d'instabilité, de rivalités, d'affrontements, a indiqué M.
Sarkozy. Mais cette nouvelle donne peut aussi déboucher sur une
coopération "plus solide et plus durable", "si elle est fondée sur des
" principes partagés" sur des "compromis élaborés en commun".
L'Union européenne peut contribuer à "façonner" le
monde du 21e siècle, parce qu'elle représente "l'exemple le plus achevé
d'une démarche substituant la coopération à la rivalité grâce à des
règles communes et à un esprit de compromis", et parce qu'elle
est appelée à jouer un "rôle irremplaçable" pour bâtir un "monde de
prospérité, de stabilité et de démocratie", a souligné le président
français.