DAKAR, 25 août (Xinhua) -- Le président de la
Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, est arrivé dans la nuit
de dimanche à lundi à Nouakchott où il tentera de dénouer la crise
née du coup d'Etat ayant renversé le président Sidi Mohamed Ould
Cheikh Abdallahi, le 6 août dernier, a-t-on appris de sources
provenant de la capitale mauritanienne.
Jean Ping, accompagné par le commissaire de l'UA
chargé de la paix et de la sécurité, Ramadan Leemara, devrait notamment
rencontrer, au cours de son séjour, le général Mohamed Ould Abdel
Aziz, chef du Haut Conseil d'Etat (HCE, junte militaire au
pouvoir depuis le 6 août), pour négocier la mise en liberté du président
renversé, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, en détention jusqu'à ce
jour, et de son Premier ministre et président du Pacte national pour le
développement et la démocratie (PNDD-ADHIL), Yahya Ould Ahmed Waghef,
arrêté le jour même du coup d'Etat et libéré le 11 août, avant d'être mis
en résidence surveillée le 21 août dans son pays natal, à quelque 500 km de
la capitale.
La Commission de l'UA avait condamné le putsch en
Mauritanie et suspendu le pays de l'Organisation jusqu'à ce qu'il "retrouve
un gouvernement constitutionnel".
Le Conseil de paix de l'UA avait de son côté exigé
"la restauration de l'ordre constitutionnel et le rétablissement sans
délai des institutions qui ont été démocratiquement élues par le
peuple mauritanien".
La majorité du Parlement mauritanien a fait
allégeance au nouveau pouvoir militaire, alors qu'au sein de la
population, les marches de soutien et de protestation s'alternent à
l'égard de la junte.
La communauté internationale a condamné de vive
voix le coup de force survenu en Mauritanie. Les Etats-Unis, la France et
la Banque mondiale ont gelé une partie de leur aide à ce pays
d'Afrique de l'Ouest habitué à des coups d'Etat militaires depuis ces
dernières décennies.