YAOUNDE, 25 août (Xinhua) -- Des producteurs de
banane de la zone Afrique, Caraïbe et Pacifique (ACP) et ceux de la
Martinique, de la Guadeloupe, des Canaries sont en concertation à Yaoundé
lundi pour arrêter une position commune face à l'Organisation
mondiale du Commerce (OMC) suite à l'échec de la dernière réunion
des ministres du Commerce à Genève au mois de juillet.
"Nous, les producteurs qui se révoltent, les
producteurs communautaires et ceux de l'ACP, représentons 40% des
exportations sur le marché européen", a indiqué le ministre camerounais du
Commerce et porte-parole des pays ACP sur la banane, Luc Magloire
Mbarga Atangana.
"J'espère que la rencontre de Yaoundé nous permettra
d'adopter une déclaration unique qui fera date et qui nous servira de base
pour les étapes futures dans les négociations sur la question de la
subvention de l'agriculture, sur la question de la banane au plan
international", a-t-il poursuivi.
Avec ses 260 000 tonnes de production annuelle de
banane, le Cameroun qui constitue l'un des grands producteurs dans la zone
ACP, compte beaucoup sur les assises de Yaoundé, a souligné le
ministre du Commerce.
Le commerce de la banane est un contentieux opposant
l'Amérique latine à l'Union européenne depuis quinze ans devant l'OMC. Les
producteurs latino-américains ont toujours accusé l'Europe de les
priver de débouchés en leur imposant des droits de douane élevés au
profit des producteurs africains et d'outre-mer (pays ACP), auxquels l'UE
accorde un régime d'accès préférentiel.
Pour assurer la présence des pays ACP sur le marché
européen, le vieux continent depuis 1993 ne fixe aucun droit pour les
bananes venues de ces pays jusqu'à un certain quota. Contre 176
euros par tonne de banane importé dans l'UE pour les
latino- américains qui crient à l'injustice.
Au mois de juillet, 11 pays d'Amérique latine
exportateurs de bananes sont tombés d'accord sur un compromis avec l'UE.
L'UE a accepté de réduire les droits de douane à l'importation de
bananes à 114 euros à partir de 2016, une période pour laisser aux pays
ACP le temps de s'adapter.
Pour les pays ACP, ce sera une situation
préjudiciable car les Etats latino-américains ainsi que les Etats-Unis
subventionnent leurs agriculteurs.
Les délégations des pays ACP ont rejeté le compromis
en formulant une contre-proposition. Ils se montrent prêts à ce que
les droits de douane à l'importation diminuent jusqu'à 109 euros la
tonne, soit en deçà des 114 euros, mais seulement à partir de 2017.
Et surtout avec un démarrage de cette
diminution beaucoup plus progressif, alors que l'accord UE-Amérique latine
prévoit une baisse tarifaire de 28 euros la tonne dès la première année.