DAKAR, 23 août (Xinhua) -- Les avocats de Hissène
Habré, ancien président tchadien, ont dénoncé vendredi au cours d'une
conférence de presse, ce qu'ils ont appelé le "procès clandestin" qui a
abouti à la condamnation à mort par contumace de l'ancien homme fort
tchadien, ont rapporté samedi des médias locaux.
"Jusqu'à sa condamnation à mort par une cour
criminelle du Tchad, personne n'a jamais entendu parler d'accusation
contre M. Habré" dans l'affaire de l'attaque rebelle de février 2008, pour
laquelle il est condamné, estiment les conseils de Hissène Habré qui
vit en exil au Sénégal depuis sa chute fin 1990.
En plus, la justice tchadienne refuse de rendre
publique la décision de condamnation, a déploré Me François Serres, avocat
au Barreau de Paris, qui souligne par ailleurs que M. Habré a été
condamné, selon certaines sources, notamment une partie de la
presse, pour des "crimes de guerre et crimes contre l'humanité".
"Ce qui est clair et sans équivoque, n'entraîne
aucune confusion. Une décision a été rendue et elle n'est pas
accessible. C'est une violation manifeste des règles de procédure", ont
soutenu les avocats pour qui, "l'affaire Habré est une affaire où
les violations sont la règle".
Selon Me Serres, il n'y a pas eu de plainte,
d'instruction ou de dossier d'accusation notifié à l'accusé.
Dans ce procès, "quelle est la liberté de parole du
président Habré?", s'est interrogé Me Serres qui a dénoncé un "procès
inéquitable" avant de déclarer : "Nous avons des craintes sur
l'indépendance de la justice tchadienne".
"Hissène Habre ne sera jamais jugé même avec 1000
milliards de FCFA", a-t-il martelé.
Pour l'avocat EL Hadj Diouf, également conseil de M.
Habré, "le procès de la condamnation à mort est un procès clandestin avec
une décision clandestine".
Les avocats de M. Habré soutiennent par ailleurs que
si la décision de la justice tchadienne condamnant M. Habré tarde, sept
jours après, à être publiée, l'on peut se demander si "ce n'est pas
pour en changer le contenu".
Selon les autorités tchadiennes, M. Habré a
été condamné à mort, le 15 août dernier, pour son rôle présumé "aux côtés
des mouvements rebelles qui ont attaqué N'Djamena en février
2008".