BRUXELLES, 19 août (Xinhua) -- L'ambassadeur de
Russie auprès de l'OTAN, Dmitri Rogozine, a mis en garde mardi l'alliance
contre le fait de laisser la Géorgie entrer dans l'OTAN.
Les conflits Géorgie-Russie en Ossétie du Sud
auraient impliqué l'OTAN dans la guerre avec la Russie si l'alliance se
mettait d'accord sur son plan d'action sur l'adhésion de la Géorgie à
l'OTAN lors de son sommet en avril dernier, a déclaré M.
Rogozine.
"Je voudrais vous demander si vous êtes prêts à
risquer votre prospérité, à risquer votre vie et celle de vos enfants
seulement pour (le président géorgien Mikheïl) Saakachvili", a-t-il dit en
faisant référence aux citoyens de l'Occident.
Sur la question de savoir si M. Saakashvili doit
remercier Moscou si l'intervention militaire de la Russie en Ossétie du
Sud aurait pour effet d'accélérer l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN,
M. Rogozine a plaisanté en disant que Adolf Hitler et Saddam Hussein
devraient être autorisés à adhérer à l'OTAN avant Saakachvili.
"Ma proposition consiste à accepter Hitler dans
l'OTAN, puis Saddam, et après Saakachvili. C'est l'ordre que je propose
pour l'adhésion à l'OTAN", a-t-il dit.
Il a indiqué que Saakachvili avait ordonné des
attaques contre des civils vivant dans le territoire de la Géorgie et
avait du sang sur ses mains.
Les ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, qui
ont convoqué une réunion extraordinaire sur la Géorgie, ont décidé de
s'en tenir au processus d'adhésion de la Géorgie. Ils décideront de
se mettre d'accord ou non sur le plan d'action sur l'adhésion de la
Gérogie à l'OTAN en décembre 2008.
M. Rogozine a accusé l'OTAN de son persistance dans
son sentiment de la guerre froide et de son échec de s'adapter à la
situation actuelle. "L'OTAN est né pendant la Guerre froide et il
est toujours là", a-t-il noté.
Il a dit que son pays continuerait à maintenir des
contacts bilatéraux avec les pays de l'OTAN lorsque l'OTAN a décidé de
remettre à plus tard des contacts réguliers avec la Russie.
M. Rogozine a affirmé que la Russie n'avait pas
l'intention d'occuper la Géorgie ni de changer le régime politique dans ce
pays.
L'Occident a accusé la Russie de ne pas retirer ses
troupes sur leurs positions avant les conflits, comme cela est prévu dans
un accord de paix conclu sous les auspices de l'Union
européenne.