NAIROBI, 18 août (Xinhua) -- Le Premier ministre
kényan, Raila Odinga, a remis sur le tapis le débat concernant l'amnistie
lundi en demandant à des experts indépendants d'enquêter sur les
violences post-électorales.
Lors d'une conférence sur le droit international à
Nairobi, M. Odinga, qui a formé un gouvernement de coalition avec le
président Mwai kibaki cette année, a déclaré que les personnes
arrêtées pour les violences devraient être libérées car la police
agissait sous instruction d'une des parties au conflit.
Le Premier ministre a indiqué que la libération des
suspects permettra à des commissions indépendantes d'achever leurs
enquêtes.
La commission indépendante d'examen conduite par le
juge sud- africain à la retraire, Johann Kriegler, enquête sur la conduite
des élections et sur le processus controversé de décompte qui a mené
au conflit, alors que la Commission d'enquête sur les violences
post-électorales mené e par le juge d'appel, Phillip Waki, a été mise en
place pour enquêter sur les faits et les circonstances environnantes liées
au chaos.
"Les commissions de Waki et de Kriegler doivent être
chargées de décider sur la controverse d'amnistie", a-t-il dit.
M. Odinga a rejeté les enquêtes menées par la
police, avançant que les agents de l'ordre avaient participé aux
violences et ne peuvent donc pas fournir d'enquêtes équitables. Il a
ensuite indiqué qu'une partie serait favorisée si la police obtenait l'
autorisation d'enquêter sur les auteurs des violences.
"Libérons les suspects, la police elle-même était
acteur au conflit, nous ne parlons pas d'amnistie, nous parlons de
justice, libérons tout le monde, et si nous devons procéder à des
arrestations, arrêtons également les officiers de police qui ont
tiré pour tuer", a-t-il souligné.
Selon M. Odinga, à cette période, toute la machine
étatique était sous le contrôle du Parti de l'unité nationale (PNU), ce
qui a entrainé l'arrestation d'un nombre important de partisans de
son parti, le Mouvement démocratique orange (ODM).
Il a ajouté que les partisans de l'ODM manifestaient
contre la manière dont la Commission électorale avait mené cette
élection.
Des milliers de personnes sont toujours
détenues par la police pour les violences de décembre et janvier qui
ont fait plus d'un millier de morts et des centaines de milliers
de déplacés.