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Mauritanie: une grande majorité des députés demandent le jugement du président déchu
  2008-08-16 08:02:43  

     DAKAR, 15 août (Xinhua) -- Plus de deux tiers des députés de  l'Assemblée nationale mauritanienne, favorables au putsch  militaire du 6 août, ont demandé vendredi qu'une session  extraordinaire du Parlement soit convoquée le 20 août, en vue de  juger le président déchu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a-t- on appris de sources concordantes de Nouakchott. 

     Selon la radio mauritanienne (RM), la session aurait pour  objectif l'élection des huit membres de la Haute Cour de Justice ( quatre issus de l'Assemblée et quatre du Sénat), qui pourrait  juger le président déchu et ses ministres pour "fautes lourdes"  dans la gestion des affaires publiques. 

     Les parlementaires discuteraient également, durant la session  extraordinaire, de la création d'une commission d'enquête du Sénat sur la "gestion et les modes de financement" de la Fondation  caritative créée par l'ex-Première dame de Mauritanie, Mme Khattou Mint Boukhary, épouse du président renversé, selon la même source. 

     Mercredi, la grande majorité des maires (191 sur 216) et des  parlementaires (106 sur 151) avaient affiché leur soutien au coup  d'Etat, le qualifiant de "mouvement de correction". 

     La prise de position des élus semble s'inscrire en droite ligne des rapports très difficiles constatés ces derniers temps, entre  l'Exécutif et le Législatif, en Mauritanie. 

     Début août, le gouvernement avait rejeté une nouvelle demande  des députés pour la tenue d'une session extraordinaire du  Parlement visant à désigner des commissions d'enquête, dont une  sur la Fondation de la Première Dame. 

     L'Exécutif avait motivé son rejet de la requête des députés par un vice de forme, parce que le document n'avait pas été signé par  le président de l'Assemblée nationale. 

     Un mois avant le coup d'Etat, l'ancien président Sidi Ould  Cheikh Abdallahi avait menacé de dissoudre le Parlement, en  réponse à une motion de censure déposée par des députés "frondeurs ", pourtant membres de sa propre majorité, rappelle-t-on.