DAKAR, 15 août (Xinhua) -- Plus de deux tiers des
députés de l'Assemblée nationale mauritanienne, favorables au putsch
militaire du 6 août, ont demandé vendredi qu'une session
extraordinaire du Parlement soit convoquée le 20 août, en vue de
juger le président déchu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a-t- on
appris de sources concordantes de Nouakchott.
Selon la radio mauritanienne (RM), la session aurait
pour objectif l'élection des huit membres de la Haute Cour de Justice
( quatre issus de l'Assemblée et quatre du Sénat), qui pourrait juger
le président déchu et ses ministres pour "fautes lourdes" dans la gestion
des affaires publiques.
Les parlementaires discuteraient également, durant
la session extraordinaire, de la création d'une commission d'enquête du
Sénat sur la "gestion et les modes de financement" de la Fondation
caritative créée par l'ex-Première dame de Mauritanie, Mme
Khattou Mint Boukhary, épouse du président renversé, selon la même
source.
Mercredi, la grande majorité des maires (191 sur
216) et des parlementaires (106 sur 151) avaient affiché leur soutien au
coup d'Etat, le qualifiant de "mouvement de correction".
La prise de position des élus semble s'inscrire en
droite ligne des rapports très difficiles constatés ces derniers temps,
entre l'Exécutif et le Législatif, en Mauritanie.
Début août, le gouvernement avait rejeté une
nouvelle demande des députés pour la tenue d'une session extraordinaire du
Parlement visant à désigner des commissions d'enquête, dont une sur
la Fondation de la Première Dame.
L'Exécutif avait motivé son rejet de la requête des
députés par un vice de forme, parce que le document n'avait pas été signé
par le président de l'Assemblée nationale.
Un mois avant le coup d'Etat, l'ancien
président Sidi Ould Cheikh Abdallahi avait menacé de dissoudre le Parlement,
en réponse à une motion de censure déposée par des députés
"frondeurs ", pourtant membres de sa propre majorité, rappelle-t-on.