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Nucléaire iranien : visite d'Ahmajinejad en Turquie (AVANT-PAPIER)
  2008-08-14 17:30:50  

    ANKARA, 14 août (Xinhua) -- La Turquie projette d'accueillir  jeudi le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, sur fond de  tension accrue entre Téhéran et les pays occidentaux engendrée par le programme nucléaire controversé de l'Iran. 

     A l'invitation du président turc, Abdullah Gül, M. Ahmadinejad  effectuera une visite de travail de deux jours en Turquie et il se rendra à Istanbul, la plus grande ville du pays, a déclaré  mercredi le Centre de presse présidentiel turc. 

     Qualifiant d'"auxiliaire" son rôle joué dans le désaccord,  Ankara projette d'informer la direction iranienne que "Téhéran a  le droit de procéder à des activités nucléaires à des fins  pacifiques", tout en énumérant une série de "propositions" pour  mettre fin à la crise. 

     Le président iranien, accompagné du ministre des Affaires  étrangères, Manoucher Mottaki, et du ministre du Pétrole, Gholam  Hossein Nozari, rencontrera jeudi M. Gül et le Premier ministre  turc, Recep Tayyip Erdogan, vendredi. 

     M. Ahmadinejad, élu en 2005 à la présidence iranienne, a  constamment exprimé son désir d'effectuer une visite officielle en Turquie. Cependant, Ankara n'a jamais donné de réponse positive à  ce souhait avant l'élection de M. Gül à la présidence turque en  2007.  

     Cette visite intervient alors que les six pays jouant un rôle  de premier plan dans le dossier nucléaire de l'Iran, à savoir les  cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (la  Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et la Russie) plus l'Allemagne, ont récemment convenu d'envisager de nouvelles  sanctions contre l'Iran, après que les pays occidentaux eurent  affirmé que l'Iran a échoué à "donner une réponse positive" à leur dernière proposition de mesures incitatives. 

     Mercredi, M. Mottaki a fait savoir à Téhéran que personne ne  doit conjecturer une mauvaise intention derrière le fait que les  réunions de M. Ahmadinejad avec les responsables turcs se  dérouleront à Istanbul, au lieu de la capitale turque, Ankara. 

     "Les programmes des deux présidents sont extrêmement chargés.  Les dates de la visite que nous souhaitons effectuer se situent  avant le Ramadan, ce qui correspond bien à la période du séjour du président Gül à Istanbul", a-t-il expliqué. 

     "L'Iran est respectueux des valeurs turques", a ajouté M.  Mottaki, cité par l'agence de presse IRNA. 

     Les propos de M. Mottaki font apparemment référence à des  informations soulignant que la visite ne sera pas "officielle",  mais qu'elle sera une visite de travail, du fait que le président  iranien ne veut pas se rendre à Anitkabir, mausolée érigé en  l'honneur du fondateur et premier président de la République de  Turquie, Mustafa Kemal Atatürk. 

     Conformément au protocole coutumier des visites officielles en  Turquie, les responsables étrangers en visite doivent rendre  hommage à M. Atatürk et effectuer une visite au mausolée. Pourtant, ce déplacement ne fait pas partie d'une visite de travail. 

     Les informations ont également souligné que la visite de  travail de M. Ahmadinejad se déroulera à Istanbul, au lieu  d'Ankara, où se trouve Anitkabir. 

     L'Iran et la Turquie ont signé un protocole d'accord le 13  juillet 2007, permettant à la Corporation turque du pétrole (TPAO) de pomper 20 milliards de m3 de gaz naturel du champs gazier de  Pars du Sud. 

     Cet accord entre la Turquie et l'Iran autorise les transports  de gaz naturel iranien vers l'Europe, ainsi que les transferts de  gaz naturel turkmène vers l'Europe, en passant par l'Iran et la  Turquie. 

     La Turquie dépend entièrement de ses importations énergétiques  afin de satisfaire ses gigantesques besoins en pétrole et en gaz  pour soutenir son développement industriel. L'Iran constitue  actuellement son second plus grand fournisseur de gaz derrière la  Russie. La Turquie sert également de route de transit pour les  transports de marchandises entre l'Union europénne et l'Iran. 

     Il est à noter que les autorités américaines et israéliennes  vont suivre de près le déroulement de la visite de M. Ahmadinejad  en Turquie. 

     Israël, qui considère l'Iran comme son principal ennemi, a  officiellement protesté via la voie diplomatique contre la visite  de M. Ahmadinejad en Turquie, selon le journal israélien Ha'aretz.