PARIS, 6 août (Xinhua) -- Le ministère français des
Affaires étrangères a critiqué mercredi des "accusations inacceptables"
portées contre la France par une commission d'enquête rwandaise sur
le génocide de 1994.
Lors du point de presse, le porte-parole du
ministère, Romain Nadal a indiqué qu'"il y a dans ce rapport des
accusations inacceptables portées à l'égard de responsables politiques et
militaires français".
Le texte n'avait pas été communiqué à la France "pas
les voies officielles", a souligné le porte-parole.
Le rapport d'une commission d'enquête, publié mardi
à Kigali, accuse à nouveau la France d'avoir activement "participé" à
l'exécution du génocide, et laisse entendre pour la première fois la
possibilité de poursuites judiciaires contre d'anciens dirigeants
politiques et responsables militaires français.
Parmi les 13 dirigeants français incriminés par le
rapport, figurent le président français de l'époque François Mitterrand,
décédé depuis, et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé.
"On peut s'interroger sur l'objectivité du mandat
confié à cette Commission indépendante chargée par les autorités
rwandaises de rassembler les preuves montrant l'implication de l'Etat
français dans le génocide perpétré au Rwanda", a dit M. Nadal.
Le génocide au Rwanda a eu lieu du 6 avril au
4 juillet 1994. Selon l'ONU, pendant trois mois, quelque 800 000
Rwandais, en majorité Tutsi, ont trouvé la mort. Depuis 2005, des Rwandais
ont déposé des plaintes visant aux responsables militaires et civiles
de l'opération Turquoise dans ce pays pour "complicité de génocide ou
crime contre l'humanité.