PARIS, 5 août (Xinhua) -- Le gouvernement rwandais a
publié mardi un rapport d'enquête, accusant la France d'avoir été
directement impliquée dans le génocide de 1994, qui a coûté la vie à
800.000 personnes, a rapporté l'AFP.
Le rapport de 500 pages affirme que la France, au
courant des préparations pour le génocide, a contribué au projet de
massacre et activement participé à son exécution.
Le rapport a identifié 13 hommes politiques et
responsables militaires français comme étant responsables du génocide,
dont l'ancien Premier ministre, Edouard Balladur, l'ancien ministre
des Affaires étrangères, Alain Juppé, le président français à
l'époque, François Mitterrand, décédé en 1996, et Dominique de Villepin,
qui a été directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères,
Alain Juppé et qui est devenu en mai 2005 le Premier ministre
français.
Le rapport, résultat de deux ans d'enquête, est
censé être l'allégation la plus détaillée sans précédent sur le rôle joué
par la France dans le génocide au Rwanda. C'est également la première
fois que les noms d'importants responsables français sont cités pour
le rôle que ces derniers ont joué dans les massacres.
Paris et Kigali se sont déjà engagées dans une
dispute sur ce qui est derrière le génocide.
Le Rwanda a rompu en novembre 2006 ses relations
diplomatiques avec la France après que Jean-Louis Bruguière, un juge
anti-terroriste français, eut accusé le président rwandais en
exercice, Paul Kagame, et son entourage d'être impliqués dans
l'assassinat de l'ancien chef d'Etat, Juvenal Habyarimana, un
Hutu, tué à bord d'un avion abattu le 6 avril 1994 par un missile
sol-air au moment de son atterrissage sur l'aéroport de Kigali,
ce qui a été le détonateur du génocide.
Il semble que les deux pays ont commencé à restaurer
leurs relations bilatérales, du fait que M. Kagame a rencontré son
homologue français, Nicolas Sarkozy, en marge du sommet
UE-Afrique tenu fin 2007 à Lisbonne.
Pourtant, M. Kagame a menacé en juillet dernier
de poursuivre les Français impliqués dans le génocide, si les
cours européennes ne retirent pas leurs mandats d'arrêts contre des
responsables rwandais.