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Rapport: Le gouvernement rwandais accuse la France d'implication directe  dans le génocide
  2008-08-06 11:52:36  

      PARIS, 5 août (Xinhua) -- Le gouvernement rwandais a publié  mardi un rapport d'enquête, accusant la France d'avoir été  directement impliquée dans le génocide de 1994, qui a coûté la vie à 800.000 personnes, a rapporté l'AFP.  

     Le rapport de 500 pages affirme que la France, au courant des  préparations pour le génocide, a contribué au projet de massacre  et activement participé à son exécution. 

     Le rapport a identifié 13 hommes politiques et responsables  militaires français comme étant responsables du génocide, dont  l'ancien Premier ministre, Edouard Balladur, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, le président français à l'époque, François Mitterrand, décédé en 1996, et Dominique de Villepin, qui a été directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères,  Alain Juppé et qui est devenu en mai 2005 le Premier ministre  français. 

     Le rapport, résultat de deux ans d'enquête, est censé être  l'allégation la plus détaillée sans précédent sur le rôle joué par la France dans le génocide au Rwanda. C'est également la première  fois que les noms d'importants responsables français sont cités  pour le rôle que ces derniers ont joué dans les massacres. 

     Paris et Kigali se sont déjà engagées dans une dispute sur ce  qui est derrière le génocide. 

     Le Rwanda a rompu en novembre 2006 ses relations diplomatiques  avec la France après que Jean-Louis Bruguière, un juge  anti-terroriste français, eut accusé le président rwandais en  exercice, Paul Kagame, et son entourage d'être impliqués dans  l'assassinat de l'ancien chef d'Etat, Juvenal Habyarimana, un Hutu, tué à bord d'un avion abattu le 6 avril 1994 par un missile  sol-air au moment de son atterrissage sur l'aéroport de Kigali, ce qui a été le détonateur du génocide. 

     Il semble que les deux pays ont commencé à restaurer leurs  relations bilatérales, du fait que M. Kagame a rencontré son  homologue français, Nicolas Sarkozy, en marge du sommet UE-Afrique tenu fin 2007 à Lisbonne. 

     Pourtant, M. Kagame a menacé en juillet dernier de poursuivre  les Français impliqués dans le génocide, si les cours européennes  ne retirent pas leurs mandats d'arrêts contre des responsables  rwandais.