GENEVE, 4 août (Xinhua) -- Les autorités sanitaires
et judiciaires doivent fournir aux toxicomanes, en particulier aux
consommateurs de drogues injectables, des services ciblés afin
qu'ils puissent bénéficier de la prévention et des traitements
contre la tuberculose et le VIH/sida, a indiqué lundi l'Organisation
mondiale de la santé (OMS).
Selon un communiqué de l'OMS publié à l'occasion de
la conférence internationale sur le sida réunie à Mexico du 3 au 8
août, la tuberculose est l'une des principales causes de décès chez
les personnes atteintes par l'infection à VIH, les consommateurs de
drogues qui sont séropositifs sont confrontés à la stigmatisation, à la
discrimination et à de nombreux obstacles qui les empêchent d'avoir accès
à des traitements qui leur sont vitaux.
L'OMS a publié de nouvelles recommandations visant à
limiter le nombre de décès qui peuvent être évités, par exemple en
améliorant l'accès aux médicaments antirétroviraux et à l'isoniazide pour
les consommateurs de drogues séropositifs. La thérapie préventive par
l'isoniazide réduit de manière significative le risque de
tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH, mais elle
n'est pas largement utilisée.
Il s'agit là des premières recommandations de soins
concernant la tuberculose et le VIH pour les toxicomanes.
Même lorsque la thérapie préventive par l'isoniazide
est disponible, les agents de santé et les travailleurs de proximité
rencontrent de grandes difficultés pour dispenser des soins complets
aux toxicomanes souvent marginalisés par l'absence de domicile, la
pauvreté, l'incarcération, par l'hostilité publique ou celle des
autorités, indique l'OMS, et d'ajouter que ces facteurs contribuent à la
transmission de la tuberculose, du VIH, et constituent également un
obstacle au traitement de ces infections et de la toxicomanie.
Les recommandations visent à briser les barrières
qui font obstacle à une meilleure santé, à définir des interventions clés
et à promouvoir les moyens d'améliorer la coordination et la
planification entre tous ceux qui agissent auprès des consommateurs
de drogues injectables et autres.
Selon l'OMS, le VIH affaiblit le système immunitaire
de la personne affectée. De ce fait, les personnes vivant avec le VIH
courent jusqu'à cinquante fois plus de risques de contracter la
tuberculose au cours de leur vie que les personnes séronégatives.
Sans traitement approprié, la majorité des personnes vivant avec le
VIH meurent dans un délai de deux à trois mois après avoir contracté la
tuberculose. En 2006, 230 000 personnes sont décédées du fait d'infections
simultanées VIH/tuberculose. Bon nombre de ces décès auraient pu être
évités.
La consommation à risque de drogues par injection
est désormais l'une des principales voies de transmission du VIH, ajoute
l'OMS. A l'exclusion de l'Afrique, près d'une nouvelle infection à VIH
sur trois peut être attribuée à la consommation à risque de drogues
injectables dans le reste du monde. Dans certaines zones d'Europe
orientale et d'Asie centrale, ce chiffre s'élève à deux infections sur
trois. Dans certaines parties d'Europe orientale, les chercheurs ont
observé une corrélation significative entre VIH et tuberculose
multi-résistante.