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VIH/sida et tuberculose: il faut des soins spécifiques pour les toxicomanes
  2008-08-05 09:45:19  

     GENEVE, 4 août (Xinhua) -- Les autorités sanitaires et  judiciaires doivent fournir aux toxicomanes, en particulier aux  consommateurs de drogues injectables, des services ciblés afin  qu'ils puissent bénéficier de la prévention et des traitements  contre la tuberculose et le VIH/sida, a indiqué lundi  l'Organisation mondiale de la santé (OMS).  

     Selon un communiqué de l'OMS publié à l'occasion de la  conférence internationale sur le sida réunie à Mexico du 3 au 8  août, la tuberculose est l'une des principales causes de décès  chez les personnes atteintes par l'infection à VIH, les  consommateurs de drogues qui sont séropositifs sont confrontés à  la stigmatisation, à la discrimination et à de nombreux obstacles  qui les empêchent d'avoir accès à des traitements qui leur sont  vitaux. 

     L'OMS a publié de nouvelles recommandations visant à limiter le nombre de décès qui peuvent être évités, par exemple en améliorant l'accès aux médicaments antirétroviraux et à l'isoniazide pour les consommateurs de drogues séropositifs. La thérapie préventive par  l'isoniazide réduit de manière significative le risque de  tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH, mais elle n'est pas largement utilisée. 

     Il s'agit là des premières recommandations de soins concernant  la tuberculose et le VIH pour les toxicomanes.  

     Même lorsque la thérapie préventive par l'isoniazide est  disponible, les agents de santé et les travailleurs de proximité  rencontrent de grandes difficultés pour dispenser des soins  complets aux toxicomanes souvent marginalisés par l'absence de  domicile, la pauvreté, l'incarcération, par l'hostilité publique  ou celle des autorités, indique l'OMS, et d'ajouter que ces  facteurs contribuent à la transmission de la tuberculose, du VIH,  et constituent également un obstacle au traitement de ces  infections et de la toxicomanie. 

     Les recommandations visent à briser les barrières qui font  obstacle à une meilleure santé, à définir des interventions clés  et à promouvoir les moyens d'améliorer la coordination et la  planification entre tous ceux qui agissent auprès des  consommateurs de drogues injectables et autres. 

     Selon l'OMS, le VIH affaiblit le système immunitaire de la  personne affectée. De ce fait, les personnes vivant avec le VIH  courent jusqu'à cinquante fois plus de risques de contracter la  tuberculose au cours de leur vie que les personnes séronégatives.  Sans traitement approprié, la majorité des personnes vivant avec  le VIH meurent dans un délai de deux à trois mois après avoir  contracté la tuberculose. En 2006, 230 000 personnes sont  décédées du fait d'infections simultanées VIH/tuberculose. Bon  nombre de ces décès auraient pu être évités. 

     La consommation à risque de drogues par injection est désormais l'une des principales voies de transmission du VIH, ajoute l'OMS.  A l'exclusion de l'Afrique, près d'une nouvelle infection à VIH  sur trois peut être attribuée à la consommation à risque de  drogues injectables dans le reste du monde. Dans certaines zones  d'Europe orientale et d'Asie centrale, ce chiffre s'élève à deux  infections sur trois. Dans certaines parties d'Europe orientale,  les chercheurs ont observé une corrélation significative entre VIH et tuberculose multi-résistante.