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L'Afrique entame la construction d'une "grande muraille verte"  
  2008-08-01 19:39:49  

     DAKAR, 1er août (XINHUA) -- Après trois années d'études et de  préparations, plusieurs pays sahéliens ont entamé, vendredi 1er  août, la construction d'une "grande muraille verte" à travers le  Sahara, par une vaste campagne de reboisement. 

     Il s'agit de jeter dans les régions désertiques ou  semi-désertiques de l'espace saharo-sahélien une ceinture verte de 7.000 km de long sur cinq kilomètres de large, qui s'étire de  Dakar, sur la rive ouest de l'Atlantique, jusqu'à Djibouti, au  bord de la mer Rouge et à l'extrême est du continent africain, en  passant par le Mali, le Niger, le Tchad, le Soudan et l'Ethiopie.  

     Comme l'a souligné le ministre d'Etat sénégalais et ministre de l'Environnement, Djibo Leïty Ka, lors d'une cérémonie marquant le  début de cette campagne de reboisement, c'est le plus grand projet jamais entrepris en Afrique, dont le but consiste à contrecarrer  la désertification, à développer l'économie et à réduire la  pauvreté au profit des générations futures. 

     Le Sénégal, point de départ, va créer une bande verte de 515 km dans sa partie nord et devrait planter des arbres sur 5.000 ha  d'ici la fin de cette année. Actuellement, 2.300 ha de terrains  sont déjà prêts pour le reboisement et plus de 2 millions de  jeunes plants d'arbres résistant à la sécheresse et ayant des  vertus pharmaceutiques et des valeurs économiques sont en place. 

     La région sahélienne concerne une zone de 320 à 480 km de large, où règne un climat sec. Y construire une "grande muraille verte"  pour barrer les vents de sable et la désertification est le voeu  cher aux dirigeants africains depuis de longues années.  

     En juillet 2005, les experts de 23 pays de la Communauté des  Etats sahélo-sahariens (CENSAD), réunis à Dakar, ont adopté une  résolution invitant à procéder systématiquement aux études de  faisabilité de ce travail titanique. 

     En mars 2006, le symposium international de l'environnement de  la région sahélienne, également tenu à Dakar, a décidé de mettre  en place un groupe d'experts chargé de mener des enquêtes sur les  conditions hydrologiques, géographiques et climatiques dans les  zones concernées et de sélectionner les essences à planter. 

      

     GRANDE MURAILLE VERTE, NOUVELLE PLATE-FORME DE CROISSANCE 

      

     Selon les experts, pour réaliser cette entreprise, l'essentiel  est de mettre pleinement à profit les ressources en eau afin  d'assurer la reprise et la croissance des arbres plantés. Toujours est-il que dans les régions sahéliennes, les précipitations sont  fort aléatoires. La pluviométrie moyenne y est le plus souvent de  l'ordre de 400 mm par an, mais elle baisse parfois de 30% et la  saison sèche dure généralement 9 à 10 mois. En tout état de cause, la construction par des hommes d'une "grande muraille verte" sur  la terre hostile et ingrate du Sahara n'est pas une sinécure. 

     Vu les difficultés qui entravent le reboisement, il a été  décidé de construire des réservoirs, des lacs artificiels et des  bassins de retenue d'eau nécessaires à l'irrigation des bois et  des champs. On s'attend ainsi à un développement intégral des  domaines aussi divers que l'agriculture, de la sylvicuture, de  l'élevage, de le pêche et des activités auxiliaires, de telle  sorte que les régions riveraines de la "grande muraille verte"  deviennent de nouvelles plates-formes de croissance. 

     En l'occurrence, des comités de suivi ont été créés pour  veiller de près à la reprise et la croissance des jeunes plants  d'arbres une fois mis en terre. Les efforts de toute la société,  notamment ceux des femmes et des jeunes, sont mobilisés à cet  effet. Les médias ne sont pas en reste. La communauté  internationale est appelée à contribuer à cette cause grandiose. 

     Eldorado il y a plus de 9.000 ans avant notre ère, le Sahara  s'est dégradé dans la grande chevauchée du temps et est devenu une "tache brune sur un globe bleu", véritable "cancer" de l'Afrique,  selon les termes du biologiste Jonathan Kingdon. 

     Or, d'après les recherches scientifiques, cette terre aride  regorge de ressources minières : 9,9 milliards de tonnes de  pétrole, 5.000 milliards de m3 de gaz naturel, pour ne citer que  cela. La quantité des eaux phréatiques s'élève jusqu'à concurrence de 30.000 milliards de m3, soit l'équivalent des eaux que le Nil  jette dans l'océan en 9 ans.  

     Le président sénégalais Abdoulaye Wade a indiqué tout  dernièrement à propos de cette "grande muraille verte" : "Le  projet Grande muraille verte est un projet porteur pour l'humanité et les générations futures. Face aux échéances de 2030 où la  population africaine attendrait 1,7 milliard, nous n'avons plus de droit de regarder, impuissants, la destruction de notre  patrimoine. Il nous faut des mesures concrètes immédiates à forte  charge symbolique pour notre engagement à la concrétisation de  notre vision nouvelle de notre stratégie de développement".