NEW YORK (Nations Unies), 1er août (Xinhua) -- Le
Conseil de sécurité des Nations Unies a voté jeudi pour la prolongation
d'un an du mandat de la Force de paix ONU-UA au Darfour (Minuad), à
compter de jeudi, date de l'expiration de son mandat actuel.
Au total, 14 des 15 membres du Conseil de sécurité
ont voté pour un projet de résolution du Royaume Uni sur la prolongation
du mandat de la Minuad, alors que les Etats-Unis se sont abstenus.
Dans la résolution, le Conseil de sécurité a par
ailleurs pris note d'un appel de l'Union africaine (UA) pour faire
suspendre les poursuites judiciaires du procureur en chef de la Cour pénale
internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, contre le président
soudanais Omar Hassan el-Béchir.
A l'issue d'une réunion d'urgence tenue le 21
juillet à Addis-Abeba en Ethiopie, l'UA a publié un communiqué pour
demander au Conseil de sécurité de faire suspendre la procédure de la CPI
afin qu'elle n'entrave pas le processus de paix au Darfour.
Lors des consultations préalables au vote, l'Afrique
du Sud et la Libye avaient proposé de suspendre pour un an la procédure de
la CPI, ce qui a été rejeté par des pays occidentaux, dont les
Etats-Unis et la France.
Après plusieurs jours de disputes sur le texte, les
membres du Conseil de sécurité sont parvenus mercredi à un compromis final
pour ne représenter qu'indirectement la préoccupation et l'appel de
l'UA, au lieu d'inclure la suspension.
A l'issue du vote, l'ambassadeur adjoint américain
Alejandro Wolff a déclaré que Washington soutient la prolongation du
mandat de l'Unamid, mais s'est abstenu lors du vote, "parce que le
langage de la résolution pourrait transmettre un signal d'erreur" au
Soudan et minerait les efforts pour traduire en justice M. el-Béchir et
d'autres.
L'ambassadeur britannique John Sawers a aussi
exprimé l'opposition aux liens entre le problème de la CPI et le mandat
de l'Unamid. La résolution du Conseil de sécurité n'a fait aucune
promesse de prendre quelle action que ce soit vis à vis de la
procédure de la CPI contre M. el-Béchir, a-t-il ajouté.
D'autres membres du Conseil de sécurité à savoir le
Vietnam, l'Afrique du Sud, la Libye, la Chine et la Russie, ont exprimé
l'inquiétude sur les effets négatifs potentiels de la procédure de la
CPI contre le processus de paix au Darfour.
L'ambassadeur russe Vitaly Churkine a indiqué qu'il
était "inapproprié" pour le Conseil de sécurité de ne pas agir à
l'égard de l'initiative de la CPI, malgré la "résistance d'un nombre de
membres du Conseil de sécurité". Il a averti que la position de
certains membres du Conseil de sécurité risquerait de conduire
aux "conséquences négatives imprévues" et que "la responsabilité est
totalement sur leurs épaules".
Le 14 juillet dernier, M. Moreno-Ocampo a
formellement réclamé un mandat d'arrêt visant M. el-Béchir pour des crimes
de guerre et des crimes contre l'humanité perpétrés au Darfour dans le sud
du Soudan.
En fonction de l'article 16 du Statut de Rome sur la
CPI, le Conseil de sécurité peut adopter une résolution pour séjourner
l'enquête ou la poursuite de la CPI d'une période de 12 mois. Une
telle résolution peut être aussi renouvelée.
Le Soudan qui s'oppose vivement à la procédure de la
CPI, est soutenu par d'importantes organisations internationales dont
l'Organisation de la conférence islamique, la Ligue arabe et le
Mouvement des non-alignés.
La résolution du Conseil de sécurité a appelé les
Etats membres à "s'engager et contribuer avec des hélicoptères, des unités
de reconnaissance aérienne, de transport terrestre, de génie et de
logistique ainsi que d'autres forces nécessaires".
Dans une résolution adoptée il y a un an, le Conseil
de sécurité a donné le feu vert au déploiement de 26.000 Casques
bleus au Darfour. Mais jusqu'au 31 mai de cette année, la Minuad
n'avait que 9.563 hommes et femmes en uniforme, dont les
capacités sont limitées, et manquait d'hélicoptères et d'autres ressources
logistiques.
La résolution adoptée jeudi a souligné "l'importance
d'accroître les capacités des bataillons de la Minuad déjà déployés
par la Mission de l'UA au Soudan et des autres bataillons qui
viennent".
Elle a favorablement accueilli un appel
du secrétaire général Ban Ki-moon pour que 80% de la force hybride ONU-UA
au Darfour soit déployé sur le terrain avant la fin de cette année,
en invitant le gouvernement soudanais, les pays contributeurs
de troupes ainsi que les autres parties concernées à "faire tout
ce qu'ils peuvent pour faciliter" cette mission.