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Le Conseil de sécurité prolonge d'un an le mandat de la force de  paix au Darfour
  2008-08-01 15:47:05  

      NEW YORK (Nations Unies), 1er août (Xinhua) -- Le Conseil de  sécurité des Nations Unies a voté jeudi pour la prolongation d'un  an du mandat de la Force de paix ONU-UA au Darfour (Minuad), à  compter de jeudi, date de l'expiration de son mandat actuel.  

     Au total, 14 des 15 membres du Conseil de sécurité ont voté  pour un projet de résolution du Royaume Uni sur la prolongation du mandat de la Minuad, alors que les Etats-Unis se sont abstenus.  

     Dans la résolution, le Conseil de sécurité a par ailleurs pris  note d'un appel de l'Union africaine (UA) pour faire suspendre les poursuites judiciaires du procureur en chef de la Cour pénale  internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, contre le président  soudanais Omar Hassan el-Béchir.  

     A l'issue d'une réunion d'urgence tenue le 21 juillet à  Addis-Abeba en Ethiopie, l'UA a publié un communiqué pour demander au Conseil de sécurité de faire suspendre la procédure de la CPI  afin qu'elle n'entrave pas le processus de paix au Darfour.  

     Lors des consultations préalables au vote, l'Afrique du Sud et  la Libye avaient proposé de suspendre pour un an la procédure de  la CPI, ce qui a été rejeté par des pays occidentaux, dont les  Etats-Unis et la France. 

     Après plusieurs jours de disputes sur le texte, les membres du  Conseil de sécurité sont parvenus mercredi à un compromis final  pour ne représenter qu'indirectement la préoccupation et l'appel  de l'UA, au lieu d'inclure la suspension. 

     A l'issue du vote, l'ambassadeur adjoint américain Alejandro  Wolff a déclaré que Washington soutient la prolongation du mandat  de l'Unamid, mais s'est abstenu lors du vote, "parce que le  langage de la résolution pourrait transmettre un signal d'erreur"  au Soudan et minerait les efforts pour traduire en justice M.  el-Béchir et d'autres. 

     L'ambassadeur britannique John Sawers a aussi exprimé  l'opposition aux liens entre le problème de la CPI et le mandat de l'Unamid. La résolution du Conseil de sécurité n'a fait aucune  promesse de prendre quelle action que ce soit vis à vis de la  procédure de la CPI contre M. el-Béchir, a-t-il ajouté. 

     D'autres membres du Conseil de sécurité à savoir le Vietnam,  l'Afrique du Sud, la Libye, la Chine et la Russie, ont exprimé  l'inquiétude sur les effets négatifs potentiels de la procédure de la CPI contre le processus de paix au Darfour. 

     L'ambassadeur russe Vitaly Churkine a indiqué qu'il était  "inapproprié" pour le Conseil de sécurité de ne pas agir à l'égard de l'initiative de la CPI, malgré la "résistance d'un nombre de  membres du Conseil de sécurité". Il a averti que la position de  certains membres du Conseil de sécurité risquerait de conduire aux "conséquences négatives imprévues" et que "la responsabilité est  totalement sur leurs épaules". 

     Le 14 juillet dernier, M. Moreno-Ocampo a formellement réclamé  un mandat d'arrêt visant M. el-Béchir pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité perpétrés au Darfour dans le sud du  Soudan. 

     En fonction de l'article 16 du Statut de Rome sur la CPI, le  Conseil de sécurité peut adopter une résolution pour séjourner  l'enquête ou la poursuite de la CPI d'une période de 12 mois. Une  telle résolution peut être aussi renouvelée. 

     Le Soudan qui s'oppose vivement à la procédure de la CPI, est  soutenu par d'importantes organisations internationales dont  l'Organisation de la conférence islamique, la Ligue arabe et le  Mouvement des non-alignés. 

     La résolution du Conseil de sécurité a appelé les Etats membres à "s'engager et contribuer avec des hélicoptères, des unités de  reconnaissance aérienne, de transport terrestre, de génie et de  logistique ainsi que d'autres forces nécessaires". 

     Dans une résolution adoptée il y a un an, le Conseil de  sécurité a donné le feu vert au déploiement de 26.000 Casques  bleus au Darfour. Mais jusqu'au 31 mai de cette année, la Minuad  n'avait que 9.563 hommes et femmes en uniforme, dont les capacités sont limitées, et manquait d'hélicoptères et d'autres ressources  logistiques. 

     La résolution adoptée jeudi a souligné "l'importance  d'accroître les capacités des bataillons de la Minuad déjà  déployés par la Mission de l'UA au Soudan et des autres bataillons qui viennent". 

     Elle a favorablement accueilli un appel du secrétaire général  Ban Ki-moon pour que 80% de la force hybride ONU-UA au Darfour  soit déployé sur le terrain avant la fin de cette année, en  invitant le gouvernement soudanais, les pays contributeurs de  troupes ainsi que les autres parties concernées à "faire tout ce  qu'ils peuvent pour faciliter" cette mission.