ROME, 29 juillet (Xinhua) -- Ce que les populations
des rivages de la Méditerranée mangent maintenant est "trop gras, trop salé
et trop sucré", indique un communiqué de la FAO publié mardi.
Selon l'économiste de la FAO Josef Schmidhuber, au
cours des 45 dernières années, le célèbre "régime méditerranéen", qui est à
base de fruits et légumes frais et vanté les experts pour sa
capacité à maintenir les personnes en forme, en bonne santé et
favoriser la longévité, est "peu à peu abandonné, est dans un
état moribond" dans sa zone d'origine.
Les habitudes alimentaires des populations de
l'Europe méridionale et des régions de l'Afrique du Nord et du
Proche- Orient, citées autrefois comme des modèles pour le reste du
monde, se sont détériorées, a indiqué M. Schmidhuber.
En 40 ans, la ration quotidienne en Europe (15
nations prises en compte par l'étude) a grimpé de 2.960 kcal jusqu'à 3.340
kcal en 2002, soit environ plus 20%.
Des pays plus pauvres que les autres, comme la
Grèce, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, Chypre et Malte, ont accru leur
apport de calories de 30%.
"Une prise plus élevée et une dépense inférieure de
calories ont fait aujourd'hui de la Grèce le pays membre de l'Union
européenne avec l'indice de masse corporelle moyen le plus élevé et
la plus forte prévalence de surpoids et d'obésité", indique M.
Schmidhuber.
"Aujourd'hui, les trois quarts de la population
grecque sont en surpoids ou obèses", a-t-il précisé.
Plus de la moitié des populations italiennes,
espagnoles et portugaises sont aussi en surpoids. Dans le même temps, il y
a également eu une "forte augmentation" des calories et de la
charge glycémique dans les régimes alimentaires au Proche-Orient et en
Afrique du Nord.
Tous les pays de l'UE négligent la recommandation
OMS-FAO qui préconise que les lipides ne doivent pas représenter plus de
30% de l'apport énergétique journalier total. L'Espagne, la Grèce et
l'Italie sont toutes bien au-dessus de cette limite et leurs
habitants sont devenus les plus gros mangeurs de l'UE.
Le pays qui a enregistré l'augmentation la plus
spectaculaire est l'Espagne, où la graisse qui comptait seulement 25% du
régime alimentaire il y a 40 ans, représente aujourd'hui 40%.
M. Schmidhuber attribue le changement des
habitudes de consommation non seulement à l'augmentation des revenus,
mais aussi à des facteurs tels que le développement des supermarchés,
le changement des systèmes de commercialisation, le travail des femmes
qui leur laisse moins de temps pour cuisiner, et des familles qui mangent
plus à l'extérieur, souvent dans des "fast- food".