NEW YORK (Nations Unies), 29 juillet (Xinhua) -- Le
Conseil de sécurité des Nations Unies se trouvait divisé lundi sur une
proposition de suspension des poursuites judiciaires de la Cour
pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar
el-Béchir.
Les 15 membres du Conseil de sécurité ont tenu des
consultations à huis clos sur un projet de résolution élaboré par le
Royaume Uni pour renouveler le mandat de la force hybride ONU-UA (Union
africaine) au Darfour (UNAMID), qui expirera jeudi.
Le président du Conseil de sécurité pour le mois de
juillet, l'ambassadeur vietnamien Le Luong Minh a révélé que les membres
se sont mis d'accord sur "plusieurs éléments du projet", tels que la
nécessité de prolonger la mission ainsi que les mesures destinées à
assurer l'efficacité des opérations.
L'Afrique du Sud et la Libye ont essayé d'introduire
dans le projet de résolution un paragraphe réclamant la suspension des
poursuites judiciaires de la CPI contre M. el-Béchir. Cette
initiative a rencontré l'opposition de certains pays de l'Occident à
savoir les Etats-Unis et la France, selon des sources diplomatiques.
D'autres membres du Conseil de sécurité ont souhaité
l'introduction de ce paragraphe, "en vue d'éviter tout effet négatif
sur les opérations de l'UNAMID et sur le processus politique au Darfour et
au Soudan", a précisé M. Le.
Il a indiqué que le Vietnam était préoccupé du fait
que ces poursuites judiciaires risquaient d'avoir un impact négatif sur
la résolution du problème du Darfour.
"Le Conseil de sécurité poursuivra ses consultations
sur le projet de résolution, tout en souhaitant que l'accord puisse être
conclu à temps pour décider la prolongation du mandat de l'UNAMID", a
ajouté M. Le.
Le procureur en chef de la CPI, Luis Moreno-Ocampo,
a demandé un mandat d'arrêt le 14 juillet contre M. el-Béchir pour des
crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis au
Darfour dans l'ouest du Soudan.
L'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad a pour sa
part déclaré qu'il était "prématuré" pour le Conseil de sécurité de
suspendre les poursuites judiciaires de la CPI.
La semaine dernière, l'ambassadeur russe Vitaly
Churkine a proposé au Conseil de sécurité de prendre au sérieux la
suspension des poursuites judiciaires de la CPI. Il a souligné que
l'article 16 du Statut de la CPI "donne au Conseil de sécurité des Nations
Unies certaines responsabilités politiques".
Selon l'article 16 du Statut de la CPI, le
Conseil de sécurité peut adopter une résolution pour reporter l'enquête de la
CPI de 12 mois, une résolution qui peut être renouvelée.