BELGRADE, 22 juillet (Xinhua) -- La Serbie s'est
engagée mardi, après l'arrestation de l'ancien dirigeant serbe de Bosnie
Radovan Karadzic, à arrêter les autres criminels de guerre présumés s'ils
ne se livraient pas d'eux-mêmes au tribunal de l'ONU pour les crimes
de guerre à La Haye.
Le ministre serbe de la Défense Dragan Sutanovac a
souligné que l'arrestation de Karadzic montrait la détermination du
gouvernement serbe à honorer ses obligations légales nationales
et internationales envers le Tribunal pénal international (TPI) pour
l'ex-Yougoslavie.
"Personne ne peut plus douter que le gouvernement
résoudra sans compromis les problèmes hérités du passé", a dit Sutanovac
dans un communiqué.
"J'appelle les autres fugitifs à se rendre
volontairement car cela est dans l'intérêt de l'Etat et dans le leur
propre", a ajouté le ministre, membre du Parti démocratique dominant dans
le nouveau gouvernement pro-européen.
L'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko
Mladic et l'ancien leader des Serbes de Croatie Goran Hadzic sont toujours
en fuite.
Dusan Ignjatovic, directeur du bureau du
gouvernement serbe pour la coopération avec le TPI pour l'ex-Yougoslavie,
a indiqué mardi qu'il était presque certain que les deux fugitifs
pourraient comparaître devant ce tribunal.
Jusqu'à présent, 42 accusés ont été transférés de
Serbie devant ce tribunal, et les deux hommes n'ont aucune raison de ne pas
se rendre, a-t-il ajouté.
Ignjatovic n'a pas donné de détails sur le lieu de
l'arrestation ni sur l'arrestation de Karadzic elle-même pour "ne
pas compromettre d'autres actions en cours".
L'arrestation de Karadzic est un signal fort lancé
par le nouveau gouvernement pro-occidental de Serbie, qui s'est engagé
il y a deux semaines à donner suite aux requêtes de l'UE pour
accélérer son adhésion à ce bloc.
Karadzic, âgé de 63 ans, était en cavale depuis
juillet 1995, date à laquelle le TPI a engagé des poursuites contre lui et
son responsable militaire Mladic. Tous deux sont accusés de génocide
et de crimes de guerre contre les musulmans, les Croates et d'autres
civils non serbes lors de la guerre de 1992-1995 en Bosnie.