PARIS, 21 juillet (Xinhua) -- Le Parlement français
se réunit lundi à Versailles, dans la banlieue parisienne, en congrès,
pour voter le projet de loi de réforme constitutionnelle, avec la
participation de 576 députés et 330 sénateurs.
Le projet de loi prévoit notamment la limitation des
mandats du président, et le plafonnement du nombre des membres du
gouvernement. Le pouvoir de nomination du président sera restreint et
doit recevoir l'avis péalable d'une commission parlementaire, concernant
notamment les membres du Conseil supérieur de la magistrature, et le
défenseur des droits du citoyen, fonction créée elle-même par le
texte.
Si le texte est adopté, le président pourra prendre
la parole devant la représentation nationale dans les moments
" particulièrement solonnels de la vie de la nation". Le droit de
grâce aura vocation à ne s'exercer qu'à titre individuel et après
avis d'une commission dont la composition sera fixée par la loi.
Le texte prévoit une plus grande maîtrise du travail
législatif, avec notamment l'augmentation du nombre de commissions
permanentes au Parlement et le partage de l'ordre du jour entre le
gouvernement et le parlement.
Avec le projet de loi, la Cour des comptes assistera
les deux chambres du parlement dans l'exercice du contrôle, des séances de
questions d'actualité pourront être organisées au cours des sessions
extraordinaires, la prolongation des interventions militaires à l'étranger
de plus de six mois sera soumise à un régime d'uatoirsation
parlementaire.
Les Français établis en dehors de la France
pourraient être représentés à l'Assemblée nationale, les membres du
gouvernement cessant les fonctions ministérielles pourront retrouver leur
siège au Parlement sans une élection partielle.
L'opposition pourra créer des commissions d'enquête
ou des missions d'information.
Le texte prévoit également le renforcement des
droits de citoyens, avec notamment l'ouverture aux justiciables d'un droit
de contester devant le Conseil constitutionnel la constitutionnalité
des lois en vigueur, et la création d'un " défenseur des droits des
citoyens" qui purra être saisi par toute personne s'estimant lésée par le
fonctionnement d'un service public. Il introduira également le référendum
d'initiative populaire.
Le Premier ministre François Fillon, dans son
discours, a déclaré que la réforme des institutions de l'Etat prévue dans
la loi de réforme constitutionnelle renforcerait le pouvoir du
Parlement et les droits des citoyens. Il a appelé à l'"esprit de
responsabilité" et à la "cohésion nationale" des élus pour
choisir entre le "renouveau" et le "statut quo".
Il faut trois cinquième des voix pour
adopter l'amendement de la Constitution. Le Parti socialiste, le plus grand
parti de l'opposition, a fait savoir que ses élus voteraient contre
le projet de loi.