PARIS, 21 juillet (Xinhua) -- Le Parlement français,
réuni lundi à Versailles en congrès des députés de l'Assembée nationale
et des sénateurs, a adopté, avec une voix de plus que la majorité
absolue nécessaire, un projet de loi sur les réformes des
institutions de l'Etat, prévoyant notamment la limitation du pouvoir
du président et le renforcement de celui du Parlement et des droits des
citoyens.
Le texte a été adopté avec 539 voix, soit une voix
de plus que la majorité absolue nécessaire de 538 voix, sur un nombre
total de 905 suffrages exprimés.
Le projet de loi prévoit la limitation à deux des
mandats consécutifs du président de la république, et le plafonnement du
nombre des membres du gouvernement. Le pouvoir de nomination du
président sera restreint et doit recevoir l'avis péalable d'une
commission parlementaire, concernant notamment les membres du
Conseil supérieur de la magistrature, et le défenseur des droits du
citoyen, fonction créée elle-même par le texte.
Le président pourra prendre la parole devant la
représentation nationale dans les moments "particulièrement solonnels de
la vie de la nation". Le droit de grâce aura vocation à ne s'exercer
qu'à titre individuel et après avis d'une commission dont la
composition sera fixée par la loi.
Le texte prévoit une plus grande maîtrise du travail
législatif, avec notamment l'augmentation du nombre de commissions
permanentes au Parlement et le partage de l'ordre du jour entre le
gouvernement et le parlement.
Avec le projet de loi, la Cour des comptes assistera
les deux chambres du parlement dans l'exercice du contrôle, des séances de
questions d'actualité pourront être organisées au cours des sessions
extraordinaires, la prolongation des interventions militaires à l'étranger
de plus de six mois sera soumise à un régime d'autorisation
parlementaire.
Les Français établis en dehors de la France
pourraient être représentés à l'Assemblée nationale, les membres du
gouvernement cessant les fonctions ministérielles pourront retrouver leur
siège au Parlement sans une élection partielle.
L'opposition pourra créer des commissions d'enquête
ou des missions d'information.
Le texte prévoit également le renforcement
des droits de citoyens, avec notamment l'ouverture aux justiciables d'un
droit de contester devant le Conseil constitutionnel la
constitutionnalité des lois en vigueur, et la création d'un " défenseur des droits
des citoyens" qui pourra être saisi par toute personne s'estimant lésée par
le fonctionnement d'un service public.