TEHERAN, 20 juillet (Xinhua) -- Des responsables
iraniens se sont déclarés satisfaits des négociations de haut niveau à
Genève entre les grandes puissances et l'Iran sur le dossier nucléaire
controversé iranien.
"La tenue de toutes les négociations est considérée
comme en pas en avant", a déclaré le président iranien Mahmoud
Ahmadinejad, cité dimanche par l'agence de presse Irna.
"La rencontre d'hier est considérée comme un pas en
avant vers les négociations", a affirmé M. Ahmadinejad, faisant référence à
la rencontre entre le négociateur nucléaire iranien Saeed Jalili et
le chef de la diplomatie de l'Union européenne Javier Solana samedi à
Genève, en présence du sous-secrétaire d'Etat américain William Burns et
de diplomates de la Chine, de la Russie, de la Grande-Bretagne, de la
France et de l'Allemagne.
M. Solana a qualifié cette rencontre de
"constructive", tout en admettant que les progrès réalisés n'étaient pas
suffisants.
Il a émis l'espoir que la question nucléaire
iranienne soit résolue par la coopération et non par la
confrontation.
Le porte-parole américain Sean McCormack a déclaré
au terme de la rencontre de Genève que l'Iran devrait accepter les
propositions d'incitation, afin de ne pas s'isoler davantage.
Le président iranien a rejeté ces menaces contre son
pays, réaffirmant que l'Iran poursuivrait son programme nucléaire.
La participation de M. Burns à la rencontre de
Genève est le premier contact de haut niveau entre Washington et Téhéran
depuis 1979.
Le ministre iranien des Affaires étrangères
Manouchehr Mottaki a déclaré dimanche que la présence d'un représentant
américain à la rencontre de Genève permettait à Washington de s'informer
directement des points de vues de l'Iran.
"Cette démarche de l'administration américaine peut
être considérée comme une mesure positive", a indiqué M. Mottaki.
Hassan Rowhani, un autre négociateur iranien, a
affirmé dimanche que la présidence d'un émissaire américain à Genève
était un tournant dans la diplomatie des Etats-Unis.
"Ce changement dans la diplomatie des Etats-Unis est
une chance pour l'Iran et nous devrions faire de notre mieux pour en
profiter", a-t-il affirmé.
La Maison Blanche a cependant rappelé que Washington
ne se joindrait pas totalement aux négociations tant que l'Iran ne
suspendrait pas ses activités d'enrichissement d'uranium.
Bien que la rencontre Burns et Jalili soit le
contact au niveau le plus élevé entre les deux pays depuis 1979, cela ne
signifie pas un changement important dans la politique de Washington
envers l'Iran, estiment certains analystes.
Les Etats-Unis et leurs alliés soupçonnent l'Iran de
développer des armes nucléaires sous le couvert de son programme nucléaire
civil, ce que dément Téhéran qui insiste sur la nature pacifique de
son programme.
M. Solana a présenté le 14 juin une proposition
incentive à l'Iran au nom des membres permanents du Conseil de sécurité de
l'ONU -- France, Grande-Bretagne, Russie, Chine, les Etats-Unis
-- plus l'Allemagne (Groupe 5+1) afin de convaincre l'Iran de
suspendre l'enrichissement d'uranium.
M. Jalili a déclaré dimanche à Genève que les points
communs des feuilles de route proposées par les deux parties pourraient
être la base des nouvelles négociations entre elles.
"Les deux feuilles de routes ont de nombreux points
communs qui peuvent permettre de poursuivre les négociations et servir de
base pour de nouvelles activités. On peut discuter également des
différences des deux feuilles de route", a indiqué M. Jalili. Fin