DAKAR, 18 juillet (Xinhua) -- Le président
sénégalais Abdoulaye Wade s'est déclaré "consterné" par l'accusation de la
Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre du président soudanais
Omar el-Béchir, a rapporté vendredi l'agence de presse officielle
sénégalaise.
"Je suis consterné par ce qui arrive" au président
soudanais, "mais pas surpris puisque j'ai souvent évoqué cette éventualité
avec lui, le président Bush ayant toujours clamé haut et fort que
pour les Etats-Unis, Béchir avait commis un génocide au Darfour", a
souligné le président Wade.
Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a accusé
lundi le président el-Béchir, dont il réclame l'arrestation, de vouloir
"mettre un point final à l'histoire des peuples" indigènes vivant au
Darfour.
Pour le président Wade, si la CPI maintient ses
poursuites engagées contre le président soudanais, on pourrait assister à
"une aggravation et un chaos indescriptible" dans cette région.
"J'ai décidé de m'impliquer pour aider à la
recherche d'une solution de sortie de crise car si les poursuites contre
le président Béchir sont maintenues, la situation au Darfour
pourrait connaître une aggravation et un chaos indescriptible", a-t-il
dit.
Dans un tel cas de figure, a estimé Me Wade, "le
problème quittera le pénal pour n'être plus que politique. Or, dès que la
politique entre dans un conflit, la raison et le droit en sortent".
Le président Wade s'est dit "consterné" mais "pas surpris" de la procédure
judiciaire lancée par la CPI contre le chef de l'Etat soudanais.
"Pour cette raison, je souhaite l'application de
l'article 16 du statut de la CPI qui permet le sursis à enquêter ou à
poursuivre pendant une durée d'un an", a souligné le chef de l'Etat
sénégalais,rappelant qu'en droit, "on est présumé innocent jusqu'à ce que
soitrapportée la preuve de la culpabilité".
Le Sénégal s'engage activement dans la
médiation pour apaiser les tensions entre le Soudan et le Tchad, deux voisins
qui s'accusent l'un l'autre de soutenir les rebelles de chacun.