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Wade consterné par l'action de la CPI contre El-Béchir
  2008-07-19 10:31:35  

      DAKAR, 18 juillet (Xinhua) -- Le président sénégalais  Abdoulaye Wade s'est déclaré "consterné" par l'accusation de la  Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre du président  soudanais Omar el-Béchir, a rapporté vendredi l'agence de presse  officielle sénégalaise.  

     "Je suis consterné par ce qui arrive" au président soudanais,  "mais pas surpris puisque j'ai souvent évoqué cette éventualité  avec lui, le président Bush ayant toujours clamé haut et fort que  pour les Etats-Unis, Béchir avait commis un génocide au Darfour",  a souligné le président Wade.  

     Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a accusé lundi le  président el-Béchir, dont il réclame l'arrestation, de vouloir  "mettre un point final à l'histoire des peuples" indigènes vivant  au Darfour.  

     Pour le président Wade, si la CPI maintient ses poursuites  engagées contre le président soudanais, on pourrait assister à  "une aggravation et un chaos indescriptible" dans cette région.  

     "J'ai décidé de m'impliquer pour aider à la recherche d'une  solution de sortie de crise car si les poursuites contre le  président Béchir sont maintenues, la situation au Darfour pourrait connaître une aggravation et un chaos indescriptible", a-t-il dit. 

     Dans un tel cas de figure, a estimé Me Wade, "le problème  quittera le pénal pour n'être plus que politique. Or, dès que la  politique entre dans un conflit, la raison et le droit en  sortent". Le président Wade s'est dit "consterné" mais "pas  surpris" de la procédure judiciaire lancée par la CPI contre le  chef de l'Etat soudanais. 

     "Pour cette raison, je souhaite l'application de l'article 16  du statut de la CPI qui permet le sursis à enquêter ou à  poursuivre pendant une durée d'un an", a souligné le chef de  l'Etat sénégalais,rappelant qu'en droit, "on est présumé innocent  jusqu'à ce que soitrapportée la preuve de la culpabilité".  

     Le Sénégal s'engage activement dans la médiation pour apaiser  les tensions entre le Soudan et le Tchad, deux voisins qui  s'accusent l'un l'autre de soutenir les rebelles de chacun.