NEW YORK (Nations Unies), 18 juillet (Xinhua) -- Le
secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé vendredi à investir 25
à 40 milliards de dollars par an pour compenser des années
d'abandon du secteur agricole dans le monde et éviter de nouvelles
famines.
"Il faut inverser des années de
sous-investissement dans l'agriculture et changer les politiques qui ont
accru les problèmes", a déclaré le secrétaire général lors d'une réunion
de l'Assemblée générale sur la crise alimentaire et énergétique
mondiale.
M. Ban avec le président de l'Assemblée
générale lors de la réunion (Photo: Xinhua)
Ban Ki-moon a exhorté les Etats membres à accroître
immédiatement l'aide publique afin de répondre aux besoins de
ceux qui souffrent de la faim, à savoir au moins 800 millions de
personnes, alors que l'accroissement de 50% du coût de la nourriture
cette année menace d'augmenter ce chiffre de 100 millions de personnes
supplémentaires.
Ban Ki-moon a salué une initiative annoncée par la
Commission européenne visant à créer un nouveau fonds spécial de 1,5
milliard de dollars pour une réponse rapide à la crise alimentaire. Ce
fonds viendra s'ajouter aux fonds de développement existants et sera
coordonné avec le Groupe de travail des Nations Unies sur la crise
alimentaire.
M. Ban a présenté à cet égard les principales
propositions de ce Groupe regroupées dans un "Cadre d'action global",
qu'il a décrit comme un "menu d'actions" qui doivent être adaptées aux
besoins de chaque pays.
Parmi ces mesures, il a notamment évoqué
l'accroissement de l'assistance alimentaire, alors que la part de l'aide
publique dans ce domaine est passée de 18% il y a 20 ans à 3% aujourd'hui.
Ban Ki-moon a souhaité que ce chiffre repasse à au moins 10%.
Il a appelé une fois de plus le G8 à "respecter
l'engagement qu'ils ont pris en 2005 au sommet de Gleneagles". Ces
derniers avaient promis de porter l'aide publique au développement à 50
milliards de dollars d'ici à 2010.
Il a aussi appelé à accroître la production
alimentaire, en aidant notamment les 450 millions de petits agriculteurs
sur lesquels comptent un tiers de la population mondiale.
Du point de vue commercial, il a appelé à la liberté
des marchés, à la réduction des subventions agricoles dans les pays
du G8, à la limitation des restrictions aux exportations
alimentaires dans tous les pays.
Il a aussi invité les Etats à réévaluer
leurs politiques d'incitation à la production de biocarburants.