BRUXELLES, 18 juillet (Xinhua) -- Une division au
sein de l'Union européenne (UE), notamment sur les subventions agricoles,
pourrait entraver les négociations du mini-sommet de l'Organisation
mondiale du commerce (OMC), qui se tiendra la semaine prochaine à Genève
afin de sauver le cycle de Doha, depuis longtemps au point mort.
La division est devenue une grande préoccupation des
ministres européens chargés des dossiers commerciaux qui doivent se réunir
vendredi à Bruxelles, sous la présidence de la France, pour définir
une position commune avant le mini-sommet de Genève.
Le mois dernier, le président français Nicolas
Sarkozy avait ouvertement accusé le commissaire européen au Commerce Peter
Mandelson, représentant des 27 pays du bloc européen aux
négociations du cycle de Doha, d'avoir trop offert en matière de
réduction de subventions agricoles avant de connaître les
concessions réciproques des grands pays émergents.
Le chef de l'Etat français a même reproché à M.
Mandelson d'avoir joué un rôle dans le rejet du traité de Lisbonne en
Irlande lors du référendum du 12 juin, en alimentant les craintes de
pertes de subventions agricoles européennes des fermiers irlandais, par sa
position dans les négociations à l'OMC.
En réaction à ces critiques, M. Mandelson a affirmé
jeudi à la presse que ce n'était pas la première fois dans sa carrière
qu'il était injustement blâmé
Le commissaire européen au Commerce a toutefois
insisté sur le fait qu'il devait y avoir une position commune de l'UE lors
de son départ pour la réunion cruciale de la semaine prochaine à Genève,
même si les différents pays membres avaient leurs propres
priorités.
"Bien sûr, il y a différentes priorités et accents
parmi les pays membres", a-t-il reconnu, "mais lorsque vous arrivez à une
politique commerciale commune...Vous le faites compte tenu du
fait que quelles que soient les tensions, il y a finalement un
consensus parmi les pays membres pour la position que nous avons la
responsabilité de soutenir et de négocier à Genève", a-t-il martelé.
La réunion à Genève, qui débutera lundi prochain et
à laquelle participeront environ 30 pays majeurs membres de l'OMC, est
considérée comme la dernière chance de réaliser une avancée afin de
conclure les négociations du cycle de Doha d'ici à la fin de
l'année.
M. Mandelson a souhaité que les ministres de l'UE
réaffirment une stratégie commune pour les prochaines négociations
mondiales.
"Nous avons un mandat dans le cadre duquel nous
agissons et que nous continuerons à suivre. Nous avons un ensemble de
directives de négociation issues des pays membres. Je n'envisage pas leur
modification", a-t-il martelé.
Pourtant, certains analystes prévoient que le
pouvoir de négociation de l'UE soit sapé par le mécontentement de la
France, l'un des pays les plus protectionnistes en Europe qui assume
actuellement la présidence tournante de l'UE.
En théorie, chacun des 152 pays membres de l'OMC, y
compris la France, peut bloquer un accord des négociations du cycle de
Doha.
En tant que plus grand pays agricole européen et
plus important bénéficiaire des subventions agricoles de l'UE, la France
est réticente pour donner le feu vert à l'UE de réduire l'importante
enveloppe annuelle allouée aux fermiers français, ce qui est
néanmoins nécessaire pour la conclusion d'un accord sur la
libéralisation du commerce mondial.
Lancées en 2001 dans la capitale du Qatar, les
négociations du cycle de Doha, visant à mettre la mondialisation au
service de la croissance économique des pays en développement, en
réduisant notamment les subventions agricoles et en supprimant les droits
de douane ainsi que d'autres barrières commerciales, ont été
reportées à maintes reprises au cours des sept dernières années.
Les différends restants ne semblent pas faciles à
résoudre sans des compromis substantiels, surtout de la part des pays
développés, selon certains analystes.
Les pays en développement exigent que les
pays riches réduisent les subventions agricoles et ouvrent des marchés à
leurs produits agricoles, tandis que ceux-ci demandent aux pays du Sud
d'ouvrir davantage leurs frontières à leurs biens manufacturés.