NAIROBI, 17 juillet (Xinhua) -- Le vice-président
kényan Kalonzo Musyoka a déclaré jeudi que les mesures anti-corruption
devraient s'appliquer aux acteurs aussi bien du secteur privé et que
du secteur public accusés de corruption au lieu de porter davantage sur
les agents publics.
M. Musyoka a indiqué que la guerre contre la
corruption a souvent échoué car elle ne cible que ceux qui reçoivent des
pots- de-vin, épargnant ceux qui donnent ces pots-de-vin et qui
continuent de soudoyer les nouveaux agents de la force publique.
"Nos efforts ont échoué pour reconnaître qu'il faut
deux pour danser un tango, lorsqu'un bureaucrate du gouvernement, un
secrétaire permanent ou même un ministre du cabinet est accusé de
corruption ou d'abus, son ou sa +partenaire de tango+ du secteur
privé qui soudoie n'est généralement pas accusé(e) et c'est le
prochain secrétaire permanent ou ministre qu'on accuse", a-t-il
expliqué.
M. Musyoka a appelé à concerter les efforts aux
niveaux institutionnel, municipal et individuel pour combattre
durablement la corruption.
"C'est pourquoi, nous ne devons pas perdre de vue
que la croisade contre la corruption va de la responsabilité de chaque
citoyen, de chaque communauté et de chaque institution des
sphères publiques ou privées", a-t-il insisté lors de la fermeture de la
3ème Conférence nationale sur l'intégrité à Nairobi.
La conférence annuelle de deux jours, inaugurée
mercredi par le Premier ministre Raila Odinga, rassemble 12 institutions
des secteurs public et privé, présentes pour examiner les progrès
réalisés jusqu'à présent au niveau de la mise en place du Plan
national anti-corruption lancé en 2006.
M. Musyoka a souligné l'importance de sensibiliser
la société aux dangers de la corruption, ainsi que de rendre disponible
des informations exactes quant à sa nature et à son étendue pour leur
permettre de contrer efficacement ce fléau.
Il a appelé la société civile à apprécier
les nombreux changements positifs et succès réalisés par le gouvernement
dans la lutte contre la corruption et à éviter les critiques inutiles
sur la corruption réelle ou perçue.