ABIDJAN, 17 juillet (Xinhua) -- La plupart des
fonctionnaires et agents de l'Etat de Côte d'Ivoire n'ont pas travaillé
jeudi au premier jour de la grève "d'avertissement" de 48 heures lancée
par le plus important syndicat du pays pour protester contre la
cherté de la vie, même si des commerces et des services parapublics ont
fonctionné, a constaté l'agence Xinhua.
A Abidjan, capitale économique du pays, de nombreux
travailleurs ont préféré rester à la maison et un calme
inhabituel régnait à la Cité administrative, un ensemble de cinq tours
d'une vingtaine d'étages, qui abrite la majorité des cabinets
ministériels et des services publics au Plateau le quartier
administratif et des affaires.
Les ballets d'ordinaire incessants des ascenseurs
entre les premiers et les derniers étages étaient inexistants. Point
d'attroupement devant les ascenseurs dont les portes étaient
désespérément closes au pallier inférieur.
La situation était identique à l'immeuble du Centre
de commerce international (CCIA) et au Bloc ministériel.
Les travailleurs à leurs postes, majoritairement des
chefs de service, sont "venus pour gérer quelques dossiers", en l'absence
de leurs agents. D'autres sont arrivés au bureau "juste pour voir la
situation et retourner à la maison".
"Nous sommes d'accord avec les revendications mais
la procédure a été viciée et donc je suis tenue de venir au travail,
s'il y a du boulot je travaille, sinon je vais rentrer à la maison à
cause du problème de transport", indique une assistante de direction au
ministère de la Fonction publique et de l'Emploi.
Un communiqué du ministre Hubert Oulaye a déclaré
"illégale" cette grève de l'Union générale des travailleurs de Côte
d'Ivoire (UGTCI), arguant que la centrale syndicale n'a pas respecté le
délai de six jours prévu par la loi pour le dépôt d'un préavis de
grève.
Mardi, l'UGTCI avait déposé au gouvernement un
"préavis de grève générale d'avertissement de 48 heures à compter de
jeudi", pour protester contre la hausse des prix du carburant qui, selon
elle, va "induire une nouvelle flambée des prix des denrées de
grande consommation".
La centrale syndicale réclame en compensation "le
déblocage des salaires et avancements des fonctionnaires avec rappel, le
réajustement conséquent des salaires du secteur privé et la
suppression des impôts sur les pensions de retraite".
Depuis près de 20 ans, les avancements avec effets
financiers des fonctionnaires ivoiriens ont été suspendus.
A la mi-journée jeudi, la quasi-totalité des
fonctionnaires avaient déserté leurs bureaux et seuls quelques vigiles et
autres petits vendeurs à la criée traînaient à l'entrée des
immeubles.
Toutefois, les commerces sont restés ouverts et les
établissements bancaires et financiers ont fonctionné.
Dans certains services parapublics également, les
travailleurs ont vaqué à leurs occupations.
"On a eu peur que les grévistes s'en prennent à nos
bus mais la situation est calme et nous sommes au travail", a indiqué à
Xinhua, Magloire Kouassi, sous-directeur de la communication à la
Société de transport abidjanais (Sotra, publique) dont les bus
desservent les différents quartiers d'Abidjan depuis l'arrêt de
travail des taxis communaux et intercommunaux.
De même, au Centre hospitalier universitaire (CHU)
de Cocody ( quartier chic abidjanais), "il y a beaucoup d'absents mais le
service minimum est assuré", selon un infirmier, Bodjean
Magloire, joint au téléphone.
Les travailleurs entament leur grève alors que
les transporteurs poursuivaient jeudi, malgré une rencontre avec
le président Laurent Gbagbo et un appel à la reprise du travail,
un débrayage initialement de deux jours lancée lundi pour
protester contre la hausse, depuis le 7 juillet, des prix du carburant de
30 à 44%.