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Côte d'Ivoire: la grève des travailleurs relativement bien suivie (SYNTHÈSE)
  2008-07-18 10:20:32  

     ABIDJAN, 17 juillet (Xinhua) -- La plupart des fonctionnaires  et agents de l'Etat de Côte d'Ivoire n'ont pas travaillé jeudi au  premier jour de la grève "d'avertissement" de 48 heures lancée par le plus important syndicat du pays pour protester contre la cherté de la vie, même si des commerces et des services parapublics ont  fonctionné, a constaté l'agence Xinhua. 

     A Abidjan, capitale économique du pays, de nombreux  travailleurs ont préféré rester à la maison et un calme inhabituel régnait à la Cité administrative, un ensemble de cinq tours d'une  vingtaine d'étages, qui abrite la majorité des cabinets  ministériels et des services publics au Plateau le quartier  administratif et des affaires. 

     Les ballets d'ordinaire incessants des ascenseurs entre les  premiers et les derniers étages étaient inexistants. Point  d'attroupement devant les ascenseurs dont les portes étaient  désespérément closes au pallier inférieur. 

     La situation était identique à l'immeuble du Centre de  commerce international (CCIA) et au Bloc ministériel. 

     Les travailleurs à leurs postes, majoritairement des chefs de  service, sont "venus pour gérer quelques dossiers", en l'absence  de leurs agents. D'autres sont arrivés au bureau "juste pour voir  la situation et retourner à la maison". 

     "Nous sommes d'accord avec les revendications mais la  procédure a été viciée et donc je suis tenue de venir au travail,  s'il y a du boulot je travaille, sinon je vais rentrer à la maison à cause du problème de transport", indique une assistante de  direction au ministère de la Fonction publique et de l'Emploi. 

     Un communiqué du ministre Hubert Oulaye a déclaré "illégale"  cette grève de l'Union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire  (UGTCI), arguant que la centrale syndicale n'a pas respecté le  délai de six jours prévu par la loi pour le dépôt d'un préavis de  grève. 

     Mardi, l'UGTCI avait déposé au gouvernement un "préavis de  grève générale d'avertissement de 48 heures à compter de jeudi",  pour protester contre la hausse des prix du carburant qui, selon  elle, va "induire une nouvelle flambée des prix des denrées de  grande consommation". 

     La centrale syndicale réclame en compensation "le déblocage  des salaires et avancements des fonctionnaires avec rappel, le  réajustement conséquent des salaires du secteur privé et la  suppression des impôts sur les pensions de retraite". 

     Depuis près de 20 ans, les avancements avec effets financiers  des fonctionnaires ivoiriens ont été suspendus. 

     A la mi-journée jeudi, la quasi-totalité des fonctionnaires  avaient déserté leurs bureaux et seuls quelques vigiles et autres  petits vendeurs à la criée traînaient à l'entrée des immeubles. 

     Toutefois, les commerces sont restés ouverts et les  établissements bancaires et financiers ont fonctionné. 

     Dans certains services parapublics également, les travailleurs ont vaqué à leurs occupations. 

     "On a eu peur que les grévistes s'en prennent à nos bus mais  la situation est calme et nous sommes au travail", a indiqué à  Xinhua, Magloire Kouassi, sous-directeur de la communication à la  Société de transport abidjanais (Sotra, publique) dont les bus  desservent les différents quartiers d'Abidjan depuis l'arrêt de  travail des taxis communaux et intercommunaux. 

     De même, au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody ( quartier chic abidjanais), "il y a beaucoup d'absents mais le  service minimum est assuré", selon un infirmier, Bodjean Magloire, joint au téléphone. 

     Les travailleurs entament leur grève alors que les  transporteurs poursuivaient jeudi, malgré une rencontre avec le  président Laurent Gbagbo et un appel à la reprise du travail, un  débrayage initialement de deux jours lancée lundi pour protester  contre la hausse, depuis le 7 juillet, des prix du carburant de 30 à 44%.