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Ouganda : les ex-rebelles confrontés aux défis de réinsertion (REPORTAGE)
  2008-07-18 10:15:44  

     Par Charles AKENA 

     GULU (Ouganda), 17 juillet (Xinhua) -- Qu'ils soient forcés ou  recrutés auparavant, les ex-rebelles ougandais, une fois désarmés  et rapatriés vers leurs villages d'origine, sont confrontés à de  nouveaux défis de la réinsertion.  

     Ray Acama, un ancien commandant de l'Armée de résistance du  seigneur (LRA, rébellion), enlevé par à l'âge de douze ans, voit  comme un grand défi l'acceptation et le pardon de ses amis et de  ses parents vivant dans son village, situé dans le district Pader, dans le nord de l'Ouganda, où il fut l'auteur principal de  plusieurs attaques.  

     "La vie est difficile pour certains d'entre nous qui ont été  enlevés par les rebelles. C'est vrai que nous avons commis des  crimes et que les communautés en ont souffert, mais nous avons été forcés de le faire", explique-t-il. 

     "Nous sommes stigmatisés en tant que tueurs et des personnes ne veulent pas parler avec les ex-rebelles, parce qu'elles nous  haïssent, surtout celles qui ont perdu leurs bien-aimés dans les  mains des rebelles", ajoute-t-il. 

     "Les gens doivent comprendre le fait que la plupart des anciens otages ont été obligés de commettre des atrocités contre leur gré  et elles doivent soutenir la réinsertion des ex-combattants de la  LRA", souligne Ray Acama. 

     Il se plaint des préjugés sur les anciens combattans rebelles,  alors que l'un de ses anciens compagnons d'armes ne trouve pas de  moyens de gagner la vie.  

     "Certains d'entre nous ont des balles dans le corps et nous ne  sommes pas capables de travailler et de subvenir aux besoins de  notre famille", regrette Ray Apire, pointant l'une de ses jambes  avec des traces de balles.  

     L'année dernière, des centaines d'ex-combattants de la LRA, qui gagnaient leur croûte en travaillant sur une ferme gouvernementale, située dans le district de Gulu et séparée du monde extérieur, se  sont vus suspendre les droits de la culture. 

     "C'était une sorte de réinsertion à ce moment-là, mais nous  n'avons rien actuellement et la vie ici est si dure", constate  Akello Milly Grace, ancienne guerrière de la LRA enlevé à Lira,  troisième ville en Ouganda. 

     Dans la ville de Gulu (nord), une femme de 23 ans a été  kidnappée à cinq reprises par les rebelles de la LRA dans les  années 1990. Aujourd'hui, cette mère de deux enfants a vu la porte claquée par sa famille en raison de son passé lié à la rébellion.  

     "Ils ont dit que le père de mes enfants avait tué tant de  personnes qu'ils ne voulaient pas les accueillir. J'ai été enlevée et forcée à avoir des enfants avec le commandant rebelle", se  plaint Aremo Christine. 

     Geoffrey Mugumya, le directeur de la paix et de la sécurité du  secrétariat de l'Union africaine, fait savoir que des formations  dispensant des compétences adéquates devaient être rendues  accessibles aux anciens rebelles, afin d'accélérer et de  perfectionner leur processus de réinsertion.  

     Il appelle les victimes des conflits à s'intégrer dans les  programmes de réinsertion pour les anciens combattants de la LRA,  de sorte qu'elles puissent apprendre à vivre avec eux.  

     L'insurrection de la LRA, la plus longue sur le continent noir, a fait des dizaines de milliers de morts et plus de deux millions  de sans-abri dans le nord de l'Ouganda.