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Somalie : les déplacés dénoncent les crimes contre les agents  humanitaires (REPORTAGE)
  2008-07-18 10:05:51  

     Par Abdurrahman Warsameh  

     MOGADISCIO, 17 juillet (Xinhua) -- "L'assassinat d'agents  humanitaires n'est pas seulement le meurtre d'hommes innocents, il provoquera la famine à des milliers de civils déplacés par les  violences à Mogadiscio", s'indigne Omar Gaal, l'un des déplacés  somaliens qui s'installent dans la banlieue de la capitale. 

     Cinq agentss humanitaires ont été tués en Somalie récemment, le dernier étant un fournisseur du Programme alimentaire mondial  (PAM) abattu par des hommes armés non identifiés dans la ville  australe de Buale. Au moins quatre autres sont pris en otage par  des combattants somaliens.  

     "Qui que ce soient, ces gens-là (hommes armés) commettent  délibérément ces crimes odieux et ont l'intention de tuer les  civils innocents qui courent pour leur vie", martèle Omar Gaal.  

     Il reste toujours inconnu qui est derrière ces assassinats et  enlèvements visant les agents humanitaires locaux et  internationaux en Somalie. La majorité des groupes armés ont  dénoncé ces actes et prennent la distance des auteurs de ces  crimes.  

     L'insécurité dans ce pays, ravagé depuis une dizaine d'années  par une guerre civile, a forcé les agences humanitaires à réduire  ou suspendre leurs opérations depuis l'escalade des violences  contre leurs travailleurs.  

     Cependant, des centaines de milliers de déplacés séjournant  dans la banlieue de Mogadiscio misent sur l'aide humanitaire pour  acquérir de la nourriture, de l'eau, des médicaments et d'autres  matériaux nécessaires.  

     Lundi, des centaines de civils se sont encouragés à descendre  dans les rues pour protester contre les récents assassinats  d'agents humanitaires qui travaillent difficilement dans un pays  tourmenté par les violences et l'arnarchie.  

     "C'est complètement incompréhensible", déclare à Xinhua Ahmed  Yousouf, un septuagénaire, "pourquoi il y a des gens qui veulent  tuer Osman Ali Ahmed qui travaille tous les jours pour nourrir les personnes dépossédées, faibles et qui ont très faim." 

     Osman Ali Ahmed, un resposnable du Programme des Nations Unies  pour le développement (PNUD) en Somalie, a été tué la semaine  dernière à la sortie d'une mosquée dans le sud de Mogadiscio.  

     Pour Sahro Muse, une mère de neuf enfants, vit dans un abris  précaire dans le camp de d'Elasha, ces tueries et enlèvements  ciblent directement les personnes dépossédées comme elle.  

     "Si les agences s'arrêtent de fournir de l'aide aux gens vivant dans ces camps qui n'a nulle part à trouver ni de travail ni de  nourriture, alors les conséquences réelles sont la famille massive suivie de morts massives", dit Muse, les larmes aux yeux. 

     "Les agences ont commencé à donner de moins en moins, ces  derniers jours. Ils ne peuvent pas venir vous aider. Nous  attendons notre Allah", dit-elle.  

     Quelques déplacés ont même l'intention de rentrer à Mogadiscio  qu'ils ont fui il y a deux ans. Pour eux, il vaut mieux rentrer  que d'attendre de mourir de faim, et là il y aurait peut-être un  miracle.  

     "Si cela continue encore ainsi, je pense que je ne dois pas  attendre que moi et mes enfants nous mourrions de faim, je veux  rentrer chez moi et prier Allah qui nous nourrira comme toujours", confie Aisha Elmi, une mère de quatre enfants dont le père est  mort l'année dernière.