Par Abdurrahman Warsameh
MOGADISCIO, 17 juillet (Xinhua) -- "L'assassinat
d'agents humanitaires n'est pas seulement le meurtre d'hommes innocents,
il provoquera la famine à des milliers de civils déplacés par les
violences à Mogadiscio", s'indigne Omar Gaal, l'un des déplacés
somaliens qui s'installent dans la banlieue de la capitale.
Cinq agentss humanitaires ont été tués en Somalie
récemment, le dernier étant un fournisseur du Programme alimentaire mondial
(PAM) abattu par des hommes armés non identifiés dans la ville
australe de Buale. Au moins quatre autres sont pris en otage par des
combattants somaliens.
"Qui que ce soient, ces gens-là (hommes armés)
commettent délibérément ces crimes odieux et ont l'intention de tuer les
civils innocents qui courent pour leur vie", martèle Omar Gaal.
Il reste toujours inconnu qui est derrière ces
assassinats et enlèvements visant les agents humanitaires locaux et
internationaux en Somalie. La majorité des groupes armés ont dénoncé
ces actes et prennent la distance des auteurs de ces crimes.
L'insécurité dans ce pays, ravagé depuis une dizaine
d'années par une guerre civile, a forcé les agences humanitaires à réduire
ou suspendre leurs opérations depuis l'escalade des violences contre
leurs travailleurs.
Cependant, des centaines de milliers de déplacés
séjournant dans la banlieue de Mogadiscio misent sur l'aide humanitaire
pour acquérir de la nourriture, de l'eau, des médicaments et d'autres
matériaux nécessaires.
Lundi, des centaines de civils se sont encouragés à
descendre dans les rues pour protester contre les récents assassinats
d'agents humanitaires qui travaillent difficilement dans un pays
tourmenté par les violences et l'arnarchie.
"C'est complètement incompréhensible", déclare à
Xinhua Ahmed Yousouf, un septuagénaire, "pourquoi il y a des gens qui
veulent tuer Osman Ali Ahmed qui travaille tous les jours pour nourrir
les personnes dépossédées, faibles et qui ont très faim."
Osman Ali Ahmed, un resposnable du Programme des
Nations Unies pour le développement (PNUD) en Somalie, a été tué la
semaine dernière à la sortie d'une mosquée dans le sud de Mogadiscio.
Pour Sahro Muse, une mère de neuf enfants, vit dans
un abris précaire dans le camp de d'Elasha, ces tueries et enlèvements
ciblent directement les personnes dépossédées comme elle.
"Si les agences s'arrêtent de fournir de l'aide aux
gens vivant dans ces camps qui n'a nulle part à trouver ni de travail ni de
nourriture, alors les conséquences réelles sont la famille
massive suivie de morts massives", dit Muse, les larmes aux yeux.
"Les agences ont commencé à donner de moins en
moins, ces derniers jours. Ils ne peuvent pas venir vous aider. Nous
attendons notre Allah", dit-elle.
Quelques déplacés ont même l'intention de rentrer à
Mogadiscio qu'ils ont fui il y a deux ans. Pour eux, il vaut mieux rentrer
que d'attendre de mourir de faim, et là il y aurait peut-être un
miracle.
"Si cela continue encore ainsi, je pense que je
ne dois pas attendre que moi et mes enfants nous mourrions de faim, je
veux rentrer chez moi et prier Allah qui nous nourrira
comme toujours", confie Aisha Elmi, une mère de quatre enfants dont le père
est mort l'année dernière.