NEW YORK, 16 juillet
(Xinhua) -- Le baril de brut a plongé mardi de près de sept dollars, soit
la chute journalière la plus importante depuis 1991, suite aux
préoccupations vis-à-vis des effets de la morosité économique des
Etats-Unis sur la demande de pétrole dans le monde.
Sur le New York Mercantile
Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" pour livraison en août a
reculé de 6,44 dollars, soit 4,4%, pour finir la séance à 138,74 dollars,
tandis qu'à Londres, le baril de pétrole Brent de la mer du Nord a décliné
de 5,17 dollars pour clôturer à 138,75 dollars.
(Photo:
Xinhua/Reuters)
Chute journalière la plus importante
Plus tôt dans la journée, le baril de brut a atteint
le record de 147 dollars, une hausse dopée par la forte dévaluation de
l'euro, qui pourrait conduire les investisseurs à acheter du brut, a
fait savoir Conley Turner, analyste de Wall Street Strategies.
Pourtant, les cours se sont repliés rapidement à la
suite de la chute drastique des prix des matières premières.
Au plus bas de la séance, le baril s'est échangé à
135,92 dollars, un recul record depuis le 17 janvier 1991, début de la
première Guerre du Golfe.
Mardi, le président de la Réserve fédérale
américaine (Fed) Ben Bernanke, a indiqué devant le Sénat que l'économie
fragile était confrontée à "de nombreuses difficultés" malgré la réduction
aggressive du taux d'intérêt par la Fed.
En outre, M. Bernanke a donné une autre alerte sur
le fait que la flambée des prix énergétiques et alimentaires pourrait
attiser une inflation en spirale.
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole
(OPEP) a révisé mardi à la baisse ses prévisions sur la demande de brut
dans le monde en 2008, ajoutant que la consommation pourrait se ralentir
en 2009.
"Les personnes intéressées par le marché
fourmillent, car toute nouvelle majeure peut entraîner une évolution des
prix significative dans l'une ou l'autre direction", a fait remarquer
M. Turner.
Une plus grande volatilité en vue
Les cours du pétrole ont accusé une volatilité
phénoménale de près de 50% depuis le début de l'année.
Cette envolée s'explique par les spéculations des
investisseurs ayant injecté leurs fonds depuis les marchés boursiers et
d'obligation pour se mettre à l'abri de l'inflation et du dollar
faible, et par la demande énergétique croissante sur les marchés
émergents, comme l'Inde et la Chine.
Les consommateurs dans la plupart des pays ont déjà
ressenti une pression réelle suite à la flambée des prix pétroliers, qui a
creusé l'inflation et réduit le pouvoir d'achat .
"En dépit de l'évolution des cours d'aujourd'hui, la
tendance n'est pas inversée et nous sommes toujours dans un processus
croissant de longue date pour le pétrole. Nous assisteront sans
aucun doute à de nouveaux records d'ici la fin de l'année, mais nous
sommes sûrs qu'il y aura une grande volatilité", a fait remarquer M.
Turner.