SEOUL, 15 juillet (Xinhua) -- L'opposition
sud-coréenne a demandé mardi au président Lee Myung-bak de réexaminer sa
politique diplomatique, qui a déjà subi une série de difficultés
à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.
"Le pragmatisme est devenu un autre mot pour
l'opportunisme pour le gouvernement de Lee Myung-bak. Les derniers
incidents montrent que le moment est venu pour que le président revoit son
pragmatisme et sa diplomatie pragmatique, qui menacent les principes
du pays et ses statuts internationaux", a déclaré Won Hye-young, chef du
Parti démocratique, principale formation de l'opposition.
M. Lee, arrivé au pouvoir fin février, a modifié la
diplomatie du pays, ce qui se traduit par un durcissement envers la
République populaire démocratique de Corée (RPDC) et un pragmatisme
avec d'autres pays, a indiqué Won Hye-young, dans un discours devant le
Parlement.
A la mi-avril, M. Lee s'est empressé de boucler un
pacte commercial controversé avec Washington sur la reprise des
importations des produits bovins américain malgré les préoccupations
de la population sur la maladie de la vache folle.
La décision a provoqué une vague de protestations
pendant deux mois dans l'ensemble du pays, contraignant le président Lee à
s'excuser auprès du peuple à deux reprises et à remplacer la
quasi-totalité de ses conseillers du bureau présidentiel et trois
ministres.
L'autre sujet lui ayant valu des critiques porte sur
les propos tenus par le président Lee à son homologue japonais, selon
lesquels Séoul n'exigerait plus d'excuses de la part de Tokyo
pour les questions liées à ses brutalités durant son règne colonial,
de 1910 à 1945, en Corée.
Pourtant, les efforts de réconciliation de M. Lee
ont essuyé un revers. Jeudi, M. Lee a exprimé sa déception profonde à
l'égard de la décision japonaise de définir les îlots de Dokdo comme
faisant partie du territoire japonais dans les manuels des écoles
secondaires à publier à partir de 2012.
"La gestion d'un pays est différente de la gestion
d'une compagnie(...) Je demande au président de prendre davantage en
considération les principes moraux et les intérêts nationaux, et
d'adopter une meilleure politique diplomatique", a noté M. Won.
Il a appelé le président à durcir le ton envers le
Japon, et à intensifier les efforts pour remédier aux relations
intercoréennes.
"La revendication provocatrice du Japon est une
conduite immorale qui menace la paix en Asie du nord-est (...) Le
gouvernement doit agir de manière sérieuse pour récupérer nos
droits", a-t-il martelé.
M. Lee est montré du doigt par Pyongyang pour sa
ligne dure envers la RPDC. Le dialogue politique entre les deux Corées a
été suspendu depuis la pris de fonctions de M. Lee le 25 février.
La RPDC a rejeté la semaine dernière une proposition
du président Lee d'organiser un sommet entre les deux parties de la
péninsule coréenne.
"Le dossier du meurtre de la touriste dans le
nord (RPDC) doit être traité sérieusement, mais le gouvernement doit se
rendre compte que la restauration du dialogue intercoréen est critique
pour l'enquête appropriée, de même que la paix sur la péninsule coréenne",
a souligné M. Won.