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Des organisations arabes et le Soudan fustigent les allégations de la CPI contre le président soudanais (PAPIER GENERAL)
  2008-07-15 13:54:59  

     LE CAIRE, 15 juillet (Xinhua) -- Différentes organisations  arabes et le Soudan ont fustigé les allégations de la Cour Pénale  Internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir  pour crime de guerre présumé au Darfour, lorsque les ministres  arabes des Affaires étrangères cherchent à coordonner leur  position sur le problème. 

     Lundi, le Parlement arabe par intérim (IAP) a critiqué la CPI  d'avoir émis un mandat d'arrêt contre le président el-Béchir, le  qualifiant de honte de voir la CPI tenter de pousuivre en justice  un dirigeant d'un pays arabe. 

     L'IAP est "surpris et consterné" par les informations sur la  décision de la CPI, qui suscite les préoccupations des pays arabes, a indiqué son président Mohamed Jassem al-Saqr dans un communiqué. 

     L'appel de la CPI fait craindre que cette institution ne  devienne un instrument d'intimidation pour les grandes puissances  mondiales, selon M. al-Saqr, cité par l'agence égyptienne MENA. 

     D'après des informations publiées précédemment, le procureur  principal de la CPI Luis Moreno-Ocampo a formellement émis un  mandat d'arrêt contre le président soudanais pour crime de guerre, dont le génocide dans la région occidentale soudanaise du Darfour. 

     Selon M. Moreno-Ocampo, il y a de solides raisons pour  convaincre que M. el-Béchir est responsable des crimes à savoir  génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre. 

     "El-Béchir a organisé et appliqué un projet afin d'éliminer  radicalement les groupes de Fur, de Masalit et de Zahawa, en  raison de leur ethnie", a dit M. Moreno-Ocampo, ajoutant que ces  trois groupes sont historiquement influents au Darfour et se sont  engagés dans une rébellion par crainte de marginalisation. 

     C'est pour la première fois que la CPI basée à la Haye prend la décision d'inculper un dirigeant en fonction, une action faisant  obstacle aux efforts de la paix et condamnée par Khartoum.  

     A la demande du Soudan, la Ligue arabe (LA) basée au Caire a  consenti de tenir une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères le 19 juillet afin de coordonner la position arabe sur  les disputes entre le Soudan et la CPI. 

     La décision d'organiser la réunion en réponse à la demande du  Soudan a été approuvée par la Syrie, l'Egypte, l'Arabie saoudite,  la Libye et l'Autorité nationale palestinienne, a annoncé lundi  Hisham Yousef, le chef du bureau du secrétaire général de la LA  Amr Moussa. 

     Samir Hosni, directeur du département de coopération  arabo-africain du bloc pan-arabe, a indiqué lundi que M. Moussa  consulte les Etats arabes pour préparer la réunion. 

     Dimanche, le Syndicat des avocats arabes a fustigé la CPI pour  son émission prévue du mandat d'arrêt contre M. el-Béchir. 

     La décision de la CPI d'inculper M. el-Béchir de crime de  guerre au Darfour est "une violation flagrante du droit et des  principes internationaux ainsi que des droits de l'Homme", a  commenté le syndicat dans un communiqué. 

     Il a aussi critiqué les Etats-Unis pour son rôle présumé  derrière la CPI, indiquant que c'est la décision des Etats-Unis de punir M. el-Béchir pour "sa ferme position en défense de causes  justes du Soudan". 

     Les Etats-Unis ont l'intention de conduire la CPI dans une  lutte contre M. el-Béchir, selon le communiqué. 

     De l'autre côté, le porte-parole du Département d'Etat  américain Sean McCormack a annoncé vendredi que Washington n'avait rien fait afin d'influencer la CPI. 

     Lundi, la Maison Blanche a indiqué que les Etats-Unis  suivraient la situation, lorsque le procureur principal de la CPI  cherchait à arrêter M. el-Béchir sous prétexte de crime de guerre. 

     "Nous appelons toutes les parties à rester calmes. Nous  suivrons la situation à la Haye et tiendrons compte des demandes  du procureur, mais nous ne sommes pas partie prenante de la CPI",  a indiqué le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des  Etats-Unis, Gordon Johndroe. 

     La décision de la CPI a suscité aussi des inquiétudes et des  condamnations à grande échelle au Soudan. Le gouvernement  soudanais a réitéré qu'il ne reconnaîssait pas la CPI et  refuserait toute décision ou tout mémorandum émis par elle. 

     Le Soudan n'est pas impliqué dans le Traité de Rome sur la  création de la CPI, le premier tribunal international permanent  contre les crimes de guerre, tels que le génocide, le crime contre l'humanité et d'autres crimes graves. 

     Selon l'agence officielle soudanaise SUNA, le Conseil soudanais des Etats a vivement dénoncé, lundi lors d'une réunion  extraordinaire, la décision de la CPI d'inculper les dirigeants  importants du Soudan. 

     Le même jour, le vice-président soudanais Ali Othman Mohammed  Taha a indiqué lors d'une conférence de presse que les allégations de la CPI est une décision motivée politiquement contre le Soudan, et non une décision légale.