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Le procès de Charles Taylor pourrait être conclu dans un an
  2008-07-15 07:15:35  

     NEW YORK (Nations Unies), 14 juillet (Xinhua) -- Le procès de  l'ancien président du Liberia, Charles Taylor, jugé pour son rôle  dans la guerre civile en Sierra Leone, pourrait être conclu dans  un an, a affirmé lundi le procureur du Tribunal spécial pour la  Sierra Leone, Stephen Rapp, lors d'une conférence de presse à  l'ONU. 

     Le procès montrera qu'une procédure visant un ancien chef  d'Etat peut être menée de manière "normale et juste", a dit M.  Rapp. 

     Selon lui, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone est unique  en son genre et a été le premier à établir des actes d'accusation  pour esclavage sexuel et pour terrorisme dans le cadre d'une  guerre civile qui a duré de 1991 à 2002. Il a aussi défini un  nouveau crime contre l'humanité, celui du mariage forcé. 

     M. Rapp a insisté particulièrement sur les dispositions prises  pour la protection des témoins, parmi lesquels pas moins de 59  proches de Charles Taylor dont l'ancien vice-président Moses Blah  qui a été déposé en mai dernier. Leur témoignage est susceptible  de montrer que l'ancien chef de l'État était à l'origine de la  campagne de terreur et d'atrocités menée en Sierra Leone pendant  la guerre civile. 

     Jusqu'à présent, 35 témoins ont déposé à La Haye contre Charles Taylor, le 36e devant le faire dans le courant de la semaine. 

     Il est nécessaire de trouver des gens qui étaient présents ou  étaient proches des auteurs des exactions. Mais, a expliqué le  Procureur, leur témoignage les expose davantage au danger. Parmi  les mesures de protection figure la réinstallation des témoins, y  compris parfois en dehors d'Afrique, pour éviter des représailles  à leur encontre, a-t-il précisé. 

     M. Rapp doit faire un exposé mercredi devant le Conseil de  sécurité à l'occasion d'un débat public sur les enfants dans les  conflits armés. Il a rappelé que le Tribunal spécial pour la  Sierra Leone avait été le premier à engager des poursuites et à  condamner à de lourdes peines des responsables reconnus coupables  d'avoir enrôlé des mineurs de moins de 15 ans. Il s'agit de l'un  des chefs d'accusation visant Charles Taylor.