NEW YORK (Nations Unies), 14 juillet (Xinhua) -- Le
procès de l'ancien président du Liberia, Charles Taylor, jugé pour son
rôle dans la guerre civile en Sierra Leone, pourrait être conclu dans
un an, a affirmé lundi le procureur du Tribunal spécial pour la
Sierra Leone, Stephen Rapp, lors d'une conférence de presse à
l'ONU.
Le procès montrera qu'une procédure visant un ancien
chef d'Etat peut être menée de manière "normale et juste", a dit M.
Rapp.
Selon lui, le Tribunal spécial pour la Sierra Leone
est unique en son genre et a été le premier à établir des actes
d'accusation pour esclavage sexuel et pour terrorisme dans le cadre d'une
guerre civile qui a duré de 1991 à 2002. Il a aussi défini un
nouveau crime contre l'humanité, celui du mariage forcé.
M. Rapp a insisté particulièrement sur les
dispositions prises pour la protection des témoins, parmi lesquels pas
moins de 59 proches de Charles Taylor dont l'ancien vice-président Moses
Blah qui a été déposé en mai dernier. Leur témoignage est susceptible
de montrer que l'ancien chef de l'État était à l'origine de la
campagne de terreur et d'atrocités menée en Sierra Leone pendant la
guerre civile.
Jusqu'à présent, 35 témoins ont déposé à La Haye
contre Charles Taylor, le 36e devant le faire dans le courant de la
semaine.
Il est nécessaire de trouver des gens qui étaient
présents ou étaient proches des auteurs des exactions. Mais, a expliqué le
Procureur, leur témoignage les expose davantage au danger. Parmi les
mesures de protection figure la réinstallation des témoins, y compris
parfois en dehors d'Afrique, pour éviter des représailles à leur encontre,
a-t-il précisé.
M. Rapp doit faire un exposé mercredi devant
le Conseil de sécurité à l'occasion d'un débat public sur les enfants
dans les conflits armés. Il a rappelé que le Tribunal spécial pour
la Sierra Leone avait été le premier à engager des poursuites et
à condamner à de lourdes peines des responsables reconnus
coupables d'avoir enrôlé des mineurs de moins de 15 ans. Il s'agit de l'un
des chefs d'accusation visant Charles Taylor.