MOSCOU, 12 juillet (Xinhua) -- La Russie est
persuadée que le Conseil de sécurité des Nations Unies aurait créé un
"précédent dangereux" en adoptant le projet de résolution contre le
Zimbabwe proposée par certains pays occidentaux, a indiqué samedi le
ministère russe des Affaires étrangères.
"Un facteur important de la position russe
concernant le projet de résolution initié par les Américains résidait
également dans le fait que l'adoption de ce document par le Conseil de
sécurité de l' ONU aurait créé un précédent dangereux permettant au
Conseil de sécurité d'interférer dans les affaires internes d'autres Etats
en lien avec tels ou tels événements politiques, notamment les
élections, qui violent largement la charte de l'ONU", a déclaré
le ministère dans un communiqué cité par l'agence de presse Interfax.
"Nous sommes catégoriquement contre le désir de
certains Etats membres du Conseil de sécurité de faire en sorte que cet
organe aille au-delà de ses prérogatives énumérées dans sa charte,
notamment le maintien de la paix et de la sécurité
internationales. Nous sommes convaincus que de telles approches sont
illégitimes et dangereuses et pourraient bouleverser l'équilibre du système
intégral de l'ONU", a affirmé le ministère.
La Russie et la Chine ont opposé vendredi leur veto
au Conseil de sécurité de l'ONU à un projet de résolution, rédigé par les
Etats-Unis, qui prévoit d'imposer des sanctions au Zimbabwe pour le
second tour de l'élection présidentielle organisé en juin dans ce
pays.
L'Afrique du Sud, la Libye et le Vietnam ont
également voté contre ce projet de résolution.
Ont apporté leur soutien à ce projet de résolution
les Etats- Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Belgique, l'Italie, le
Panama, le Burkina Faso, la Croatie et le Costa Rica.
Le texte prévoyait une interdiction de voyage et
le gel des avoirs du président zimbabwéen Robert Mugabe et de ses
proches officiels, ainsi qu'un embargo sur les armes.