TOYAKO (Japon), 9
juillet (Xinhua) -- Le problème des denrées alimentaires ne concerne pas
seulement l'économie et le bien-être de la population de chaque pays, mais
exerce également une pression sur le développement et la sécurité du monde
entier, a annoncé le président chinois Hu Jintao mercredi à Toyako.
Lors de la réunion élargie du G8 tenue dans le site
touristique japonais (nord), M. Hu a estimé que plus de 800 millions de
personnes vivaient sous la menace d'une famine, et que la flambée
des prix des denrées alimentaires fera s'envoler ces statistiques, ce
qui n'est pas positif pour construire un monde de paix durable et de
prospérité commune.
L'envolée des prix alimentaires est le "résultat de
beaucoup de facteurs", a indiqué M. Hu, indiquant qu'attribuer la crise
alimentaire "au développement des pays émergents ou à une
certaine politique d'un certain pays, n'est pas conforme aux faits, et ne
constitue pas une attitude constructive pour résoudre le
problème."
"La clé est d'embrasser l'esprit du développement
commun, de coordonner les politiques et les actions activement et
efficacement, et de faire des efforts ensemble pour sauvegarder
la sécurité alimentaire du monde", a-t-il conseillé.
Les tâche urgentes actuelles sont "le renforcement
de l'assistance, le soutien aux Nations Unies dans son rôle de
coordination, l'adoption de mesures pour stabiliser les prix
alimentaires, l'aide aux pays en voie de développement pour
surmonter les difficultés le plus tôt possible."
"Dans le même temps, la communauté internationale
doit accorder la priorité au développement de l'agriculture et élaborer une
stratégie de coopération internationale alimentaire à long
terme", a-t-il indiqué.
Le président chinois a avancé une proposition en
quatre points sur la résolution de la crise alimentaire mondiale:
---L'importance de la production alimentaire: tous les pays doivent
reconnaître l'importance fondamentale de la production alimentaire à
partir d'une perspective stratégique, augmenter la production grâce aux
moyens scientifiques et technologiques et augmenter les réserves des
denrées alimentaires. Les principaux pays producteurs de vivres doivent
faire davantage d'efforts à ce sujet. Les pays en voie de développement
doivent chercher à améliorer leur capacité de production tandis que les
pays développés doivent accorder les soutiens financiers et
technologiques nécessaires.
---Améliorer l'environnement commercial. Il est nécessaire de créer un
environnement international favorable aux échanges commerciaux et
d'établir un ordre commercial international juste et équitable pour les
produits agricoles. Tous les pays, les pays développés, en particulier,
doivent faire preuve de plus grande de sincérité dans les négociations du
cycle de Doha sur les produits agricoles, supprimer les barrières
commerciales, montrer une certaine flexibilité sur les questions, comme
réduire les subventions agricoles, accorder le traitement d'un accès sans
droits de douane et quotas au marché aux pays les moins avancés.
---Renforcer la coordination. Tous les gouvernements doivent renforcer
leur surveillance sur le marché des produits agricoles, faciliter la
coordination politique, restreindre les spéculations excessives et oeuvrer
pour stabiliser les prix alimentaires. Il est important d'établir un
mécanisme de coopération internationale sous la direction de l'ONU et de
travailler pour la mise en place d'un système international destiné à
sauvegarder la sécurité alimentaire qui intègre des avertissements
précoces, la surveillance, la régulation et la résolution des cas
urgents.
---Réunir toutes les conditions favorables. Tous les pays doivent
renconnaître la nature transectorielle de la question alimentaire et
adopter une approche à multiples aspects pour s'attaquer à la question,
tout en prenant des mesures dans les domaines de la finance, du commerce,
de l'assistance, de l'environnement, de la protection du droit de la
propriété intellectuelle et du transfert de technologie, entre autres, afin
de créer un environnement favorable à la sauvegarde de la sécurité
alimentaire. Il est nécessaire de relever les défis du domaine énergétique
et du changement climatique pour considérer dans son ensemble la
sécurité alimentaire.
Le président chinois a affirmé que la Chine, qui
accorde une grande importance à l'agriculture et spécialement au problème
alimentaire, applique une politique de sécurité alimentaire en
comptant sur l'alimentation intérieure, assurant l'autosuffisance
essentielle et un équilibre par une importation et une
exportation appropriées.
La Chine alimente environ 20% de la population
mondiale avec environ 9% de la terre cultivée dans le monde et contribue
grandement à la sécurité alimentaire du monde.
Pendant près de dix ans, la Chine a satisfait à 95%
de sa demande alimentaire et exporté annuellement un volume net de 8
millions de tonnes de principaux produits alimentaires, tels que le
blé, le riz et le sorgho, et l'actuel tarif moyen agricole de la Chine est
seulement le quart du niveau moyen dans le monde, a ajouté le président
Hu.
La Chine participe activement à la coopération
internationale dans le domaine agricole et fournit une assistance à
l'étranger selon ses capacités, a-t-il souligné.
Depuis 2003, la Chine a fourni près de 300.000
tonnes d'assistance alimentaire, créé 14 projets agricoles intégrés et
établi à l'étranger plus de 20 centres de démonstration de
technologies agricoles, formé plus de 4.000 personnels technique et
administratif concernant l'agriculture pour les pays en voie
de développement (PVD), a souligné le président chinois.
La Chine est prête à partager plus d'expériences sur
le développement agricole avec d'autres PVD en vertu de
l'infrastructure de la coopération sud-sud et à fournir divers
genres d'assistance selon ses possibilités, a précisé M.Hu.
La session du sommet du G8 s'est tenue à l'hôtel
Windsor et y ont assisté les meneurs du groupe du G8 qui comprend
l'Allemagne, les Etats-Unis, le Canada, la France, la Grande-Bretagne,
l'Italie, le Japon et la Russie, ainsi que les dirigeants venant de cinq
importants PVD : l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Inde et le
Mexique.
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Hu Jintao: Les OMD doivent être atteints d'une manière
équilibrée