Par Chen Shun
DAKAR, 7 juillet (Xinhua) -- Les projets d'aide de
la Chine au Sénégal ont accusé du retard dans le démarrage de leurs
travaux d'exécution, essentiellement en raison du manque d'électricité,
véritable frein au développement socio-économique de ce pays
d'Afrique de l'Ouest.
Suite à la signature d'un contrat d'exécution des
travaux d'un nouveau théâtre national à Dakar, le 7 décembre 2007, les
chantiers de ce projet d'assistance chinoise marquent encore le pas.
Ce retard résulte de l'absence de la connection d'un câble électrique au
site, derrière la vieille gare de Dakar.
"Aujourd'hui c'est chose faite, nous avons le
courant depuis le 23 juin après de sempiternelles démarches de la partie
chinoise auprès des autorités et grâce aux efforts de la partie
sénégalaise chargée de connecter le câble électrique de la ville jusqu'au
chantier, en vertu du contrat", a dit à Xinhua l'un des responsables
du projet, en poussant un ouf de soulagement.
"Mais l'atttente a été trop longue et on a perdu six
mois de temps. C'était la saison sèche, propice aux travaux de
construction des fondations de ce vaste édifice", a ajouté
l'homme, non sans regret.
Le Grand Théâtre national, qui n'aura rien à envier
à l'ancien Théâtre Daniel Sorano de Dakar, est considéré comme étant un
fleuron de la coopération sino-sénégalaise relancée après le 25
octobre 2005, date à laquelle Beijing et Dakar ont renoué leurs
relations diplomatiques au bout des dix années de traversée de
désert.
Il s'agit d'une belle construction ultramoderne
dotée de 1.800 places, qui devra être réalisée en 17 mois et livrée
clé-en-main au Sénégal, aux termes d'un accord.
Le chef de l'Etat sénégalais, Me Abdoulaye Wade,
tient beaucoup à coeur la réalisation de ce théâtre devant accueillir le
grand Festival des arts nègres du monde, plusieurs fois reporté.
"Le problème, c'est que nous sommes déjà en saison
des pluies, qui rend particulièrement difficiles les travaux de pose des
fondations. Si on lance maintenant ces travaux, il faudra alors
prévoir les conséquences qui en découlent, par exemple
l'augmentation du coût et les dangers latents pour les ouvriers dans
les opérations au sous-sol inondé et fragile", a averti l'ingénieur en
chef, M. Zhu.
Les travaux de réhabilitation de stades régionaux de
Pikine et Diourbel ont subi le même sort. L'électricité était finalement
présente en décembre 2007 sur le terrain, plus de cinq longs mois
après la signature du contrat d'exécution, plus précisément le 26
juin de la même année. C'est la première tranche des travaux de
réfection d'une série de onze stades répartis au Sénégal.
"Cette attente inutile porte un sérieux préjudice à
l'exécution des projets concernant les autres stades", a déploré le
directeur de l'équipe chinoise chargée du projet, M. Xia.
"Nos techniciens et ouvriers ont engagé une course
contre la montre pour rattraper les temps perdus et les travaux vont bon
train", a-t-il affirmé, confiant.
De leur côté, les agronomes chinois chargés de la
formation de cultivateurs en matière de riziculture à Podor, dans le nord
du Sénégal, ont piaffé d'impatience pendant neuf mois, en attendant
l'électricité. Arrivés fin 2006 sur place, ils ont enfin, en
septembre 2007, eu droit à cette denrée rare, indispensable pour la
vie et le travail.
"Malgré les délestages intempestifs
très fréquents, nous avons tout fait pour accomplir la tâche qui nous incombe au
profit de la coopération entre nos deux pays", a assuré le chef
de l'équipe des experts chinois, M. Zheng.