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Interview : Une avancée sur la question du changement climatique  est peu probable au sommet du G8
Interview/Changement climatique : un expert britannique cynique envers un consensus du G8
  2008-07-06 14:48:02  

     LONDRES, 5 juillet (Xinhua) -- Il n'y aura pas de large  consensus sur le changement climatique au cours du prochain sommet du Groupe des Huit (G8) qui se déroulera la semaine prochaine au  Japon, a estimé Alexander Neill, un expert britannique.  

     "Je suis un peu cynique concernant la possiblité d'aboutir à un large consensus sur le changement climatique", a indiqué M. Neill, directeur du Programme d'Asie de l'Institut royal des services  unis (RUSI), un centre de réflexion militaire britannique, lors  d'une interview récemment accordée à Xinhua. 

     Le sommet du G8, réunissant l'Allemagne, le Canada, les  Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Japon et  la Russie, se tiendra du 7 au 9 juillet à Toyako (nord).  

     Du fait que le changement climatique n'a jamais fait l'objet de "communications exhaustives" entre les huit puissances, il  n'existait pas de "consensus" à ce sujet, a expliqué M. Neill.  

     Selon cet expert, il existe un grande différence entre la  manière dont les pays en voie de développement et les pays  développés traitent le problème. 

     "L'Occident cherche à dicter la manière dont le monde en voie  de développement devrait aborder la question du changement  climatique, ce qui a provoqué une polémique sur les mesures  d'adaptation". 

     "Il est bien clair que les pays comme la Chine et l'Inde ne  veulent pas se voir imposer la manière (occidentale) de changer  leurs infrastructures. Principalement parce que, pour alimenter  leurs économies, ils ont besoin de consommer de l'énergie", a  analysé M. Neill. 

     Essayer de convaincre les pays en voie de développement de  restreindre leurs consommations énergétiques, une pratique qui a  en effet vu le jour en Occident, est hypocrite, a-t-il poursuivi.  

     A propos du changement climatique, même les Etats-Unis et les  pays européens ont "une grande dissension", a-t-il souligné. 

     Il semble que l'opinion sur les dangers du réchauffement de la  planète ait été concordante en Europe tandis que les Etats-Unis  ont seulement commencé à réfléchir sur les conséquences du  changement climatique pour leur sécurité intérieure, a indiqué  l'expert.  

     "En raison de l'industrie du pétrole et des pressions  commerciales, les Etats-Unis ont été très réticents à aborder la  question. Ce n'est que très récemment que l'administration Bush a  commencé à examiner l'impact des changements climatiques à  long-terme", a-t-il dit.  

     Etiquetant le G8 comme "un club d'élite", M. Neill a fait part  de ses inquiétudes, selon lesquelles le club créerait "un élitisme contre le monde en développement".  

     Face à l'émergence accrue de pays de développement, dont  certains asiatiques, en particulier, il faut que les pays du G8  renforcent leur dialogue avec les pays du Sud. "Coordonner la  compréhension entre ces pays est extrêmement important", a  souligné le professeur.