LONDRES, 5 juillet (Xinhua)
-- Il n'y aura pas de large consensus sur le changement climatique au
cours du prochain sommet du Groupe des Huit (G8) qui se déroulera la
semaine prochaine au Japon, a estimé Alexander Neill, un expert
britannique.
"Je suis un peu cynique concernant la possiblité
d'aboutir à un large consensus sur le changement climatique", a indiqué M.
Neill, directeur du Programme d'Asie de l'Institut royal des services
unis (RUSI), un centre de réflexion militaire britannique, lors
d'une interview récemment accordée à Xinhua.
Le sommet du G8, réunissant l'Allemagne, le Canada,
les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Japon et
la Russie, se tiendra du 7 au 9 juillet à Toyako (nord).
Du fait que le changement climatique n'a jamais fait
l'objet de "communications exhaustives" entre les huit puissances, il
n'existait pas de "consensus" à ce sujet, a expliqué M. Neill.
Selon cet expert, il existe un grande différence
entre la manière dont les pays en voie de développement et les pays
développés traitent le problème.
"L'Occident cherche à dicter la manière dont le
monde en voie de développement devrait aborder la question du changement
climatique, ce qui a provoqué une polémique sur les mesures
d'adaptation".
"Il est bien clair que les pays comme la Chine et
l'Inde ne veulent pas se voir imposer la manière (occidentale) de changer
leurs infrastructures. Principalement parce que, pour alimenter
leurs économies, ils ont besoin de consommer de l'énergie", a
analysé M. Neill.
Essayer de convaincre les pays en voie de
développement de restreindre leurs consommations énergétiques, une
pratique qui a en effet vu le jour en Occident, est hypocrite, a-t-il
poursuivi.
A propos du changement climatique, même les
Etats-Unis et les pays européens ont "une grande dissension", a-t-il
souligné.
Il semble que l'opinion sur les dangers du
réchauffement de la planète ait été concordante en Europe tandis que les
Etats-Unis ont seulement commencé à réfléchir sur les conséquences du
changement climatique pour leur sécurité intérieure, a indiqué
l'expert.
"En raison de l'industrie du pétrole et des
pressions commerciales, les Etats-Unis ont été très réticents à aborder la
question. Ce n'est que très récemment que l'administration Bush a
commencé à examiner l'impact des changements climatiques à
long-terme", a-t-il dit.
Etiquetant le G8 comme "un club d'élite", M. Neill a
fait part de ses inquiétudes, selon lesquelles le club créerait "un
élitisme contre le monde en développement".
Face à l'émergence accrue de pays de développement,
dont certains asiatiques, en particulier, il faut que les pays du G8
renforcent leur dialogue avec les pays du Sud. "Coordonner la
compréhension entre ces pays est extrêmement important", a souligné
le professeur.