BANGKOK, 5 juillet (Xinhua) -- Le ministre
thaïlandais des Affaires étrangères, Noppadon Pattama, a quitté samedi
Bangkok pour se rendre au Québec (Canada), où il participera à une
réunion du Comité du patrimoine mondial pour expliquer le revirement de
la Thaïlande sur son soutien à la demande du Cambodge d'inscrire le
temple de Preah Vihear au patrimoine mondial.
S'exprimant devant les journalistes avant son
départ, M. Pattama a déclaré qu'il retirera officiellement le soutien
affiché par la Thaïlande à la demande cambodgienne sur l'inscription du
temple de Preah Vihear au rang des sites du patrimoine mondial,
comme l'énonçait un précédent communiqué conjoint.
Le 18 juin dernier, le chef de la diplomatie
thaïlandaise a signé un communiqué conjoint avec le vice-Premier ministre
cambodgien, Sok An, au lendemain de l'approbation par le cabinet
d'un nouveau plan du temple proposé par le Cambodge.
En outre, le ministre Pattama demandera au Comité du
patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la
science et la culture (UNESCO) de reporter ses délibérations sur la
demande de Phnom Penh lors de la prochaine réunion prévue pour
mercredi.
Le 28 juin, la Cour administrative de la Thaïlande a
prononcé une injonction, ordonnant au gouvernement thaïlandais de
suspendre l'ensemble de ses activités afin de soutenir l'application du
Cambodge concernant le temple de Preah Vihear.
Le verdict, qui intervient en réponse à une pétition
lancée par l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD, opposition), a
ainsi empêché le Cambodge d'évoquer le soutien du gouvernement
thaïlandais comme prévu dans son application lors de la réunion
au Québec.
Le temple, doté d'une histoire de plus de dix
siècles, est depuis toujours une pomme de discorde entre la Thaïlande et
le Cambodge, qui réclament tous deux la souveraineté sur ce site.
En 1962, la Cour internationale de Justice (CIJ) a
jugé que le temple appartenait au Cambodge.
Cependant, la seule voie d'accès au temple, perché
sur une falaise, se trouve à la frontière côté thaïlandais, dans la
province de Si Sa Ket (nord-est).
Des groupes d'opposition en Thaïlande, dont des
académiciens, des sénateurs et des formations politiques, ont critiqué le
gouvernement pour son soutien à l'application cambodgienne liée à
l'inscription du temple au patrimoine mondial, faisant état de
menaces à la souveraineté territoriale du pays.
Aux dires de Viwat Akarabutr, un coordinateur
du réseau Patriotic E-San, une vingtaine de groupes activistes envisage
de se rassembler à l'entrée du temple, demandant aux
autorités d'expulser les Cambodgiens ayant des propriétés foncières près
du lieu saint en territoire thaïlandais, a rapporté l'agence de
presse thaïlandaise.