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Interview : Une avancée sur la question du changement climatique  est peu probable au sommet du G8
  2008-07-05 15:56:05  

      TOKYO, 5 juillet (XInhua) -- Le prochain sommet du Groupe des  Huit (G8) stagne sur la question du changement climatique à cause  des intérêts nationaux et des façons de penser différentes entre  les pays développés et en voie de développement et parmi les pays  développés eux-même. 

     C'est le point de vue exprimé par Ryo Fujikura, un professeur  du Département de l'Environnement humain de l'Université de Hosei, dans une interview accordée à l'agence Xinhua à la veille de  l'ouverture du sommet du G8 qui aura lieu du 7 au 9 juillet, dans  la préfecture de Hokkaido du Japon. Le changement climatique est  l'un des plus importants sujets dominant le sommet.  

      

     UNE PRELUDE CONVENABLE DE DISCUSSIONS 

     Ce sommet sera le premier ces dernières années à accorder un  statut de priorité au changement climatique, plutôt qu'à  l'agriculture ou à la sécurité comme précédemment, a indiqué M.  Fujikura. 

     "La publication du 4e rapport d'évaluation par le comité  intergouvernemental des Nations unies sur le Changement climatique (IPCC) pourrait être le cadre de l'accent sans précédent de ce  sommet mis sur le changement climatique", a estimé M. Fujikura. 

     "Bien que les facteurs derrière le réchauffement global soient  compliqués et que plusieurs personnes se demandent si le dégel de  la glace de l'Arctique, les typhons fréquents sont les résultats  du réchauffement global ou dans les portées normales d'activités  de la Terre, le fait est que la température de la Terre a augmenté et que le peuple comprend qu'on doit faire quelque chose contre ce phénomène".  

     M. Fujikura a laissé entendre que le changement climatique a  été choisi comme un des principaux sujets aussi parce qu'il sera  relativement plus facile pour les dirigeants de parvenir à un  consensus sur la question.  

      

     DIFFICULTES POUR L'APPROCHE SECTORIELLE ET OBJECTIFS A MOYEN  TERME 

     Sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GHG),  un élément clé de la question du changement climatique, les  membres du G8 ont leurs propres considérations. 

     "Evidemment, les pays européens ont l'intention de constituer  des règles du jeu en leur faveur, afin de renforcer leur  compétitivité internationale face aux Etats-Unis et au Japon", a  précisé M. Fujikura. 

     Fujikura dit qu'il estime personnellement que l'approche  sectorielle est celle scientifique et raisonnable, mais que  différents intérêts économiques rendent difficile à certains  autres pays de la soutenir. 

     Il a précisé que les pays en voie de développement, notamment  la Chine et l'Inde, n'accepteront pas d'avoir le mécanisme  sectoriel comme base pour fixer les objectifs de réduction. 

     "Comme la Chine a réaffirmé son engagement dans les économies  d'énergie mais refuse l'interférence d'autres pays dans son  processus d'établissement d'objectifs de réduction, tous les pays  en voie de développement souhaitent faire des économies d'énergie  et la réduction des GHC en fonction de leurs propres mesures. De  ce point de vue, ils n'accepteront pas le mécanisme sectoriel". 

     Fujikura a fait savoir qu'il n'était pas optimiste quant aux  progrès tangibles du sommet. "Une résolution substantielle paraît  difficile à obtenir". 

     "Une résolution du G8 nécessite une ratification unanime par  tous les dirigeants, mais les Etats-Unis ne prendront absolument  pas une telle décision au moins d'ici la fin de cette année",  a-t-il ajouté.  

      

     OPTIMISME EXCESSIF SUR LE ROLE DE LA TECHNOLOGIE 

     M. Fujikura a exprimé son inquiétude quant au fait que le  peuple soit trop optimiste sur le rôle des technologies pour  aborder le réchauffement global. 

     Il a précisé que le dioxide de carbone est différent des autres sources de pollution, cette émission de gaz ne pouvant être évitée tant qu'il y a des activités humaines. 

     L'utilisation de biocarburant peut sûrement aider à réduire  l'émission de dioxide de carbone, mais dans le processus de  production des matières premières essentielles telles que le maïs, l'énergie est consommée et le dioxide de carbone est émis dans les semailles, la récolte et le transport, a dit M. Fujikura.  

     "Il est impératif que la société ne soit pas basée sur les  voitures particulières", a déclaré l'expert, qui considère  l'exploitation de biocarburant comme un pas dans la mauvaise  direction. 

     Il a estimé que la perception de taxes sur les carburants et  l'électricité fera monter les prix de l'essence et de  l'électricité et rendra les gens plus volontaires pour éteindre  leur climatiseurs et utiliser des véhicules de transport public,  cela aidera à créer une telle société. 

     En 2004, le ministère japonais de l'environnement a proposé un  projet pour introduire une taxe de l'environnement en 2005 et ce  mouvement a été rejeté par des départements du gouvernement et le  ministère de l'Economie en particulier. Au cours des deux années  suivantes, aucun projet similaire n'a été proposé.  

      

     LE FORUM DU G8 A BESOIN DE NOUVEAU SANG  

     Fujikura a affirmé que le forum du G8 avait besoin de nouveaux  membres pour injecter de la vitalité. 

     "En ce qui concerne le Forum, l'influence du G-8 est sur le  déclin", a dit M. Fujikura insistant sur la montée des économies  émergentes telles que la Chine et l'Inde.  

     Sans la participation des pays comme la Chine et l'Inde, le  forum du G8 est condamné à voir son influence décliner dans les  affaires internationales, a ajouté M. Fujikura. 

     Le sommet du G8, un forum des huit pays les plus riches du  monde, a été fondé en novembre 1975, lorsque les dirigeants de la  Grande-Bretagne, de la France, de l'Italie, du Japon, des  Etats-Unis et de l'Allemagne se sont réunis en France pour leur  premier sommet écomique.