DAKAR, 4 juillet (Xinhua) -- Plus de 95% des Maliens
n'usent pas encore d'un service bancaire alors que le secteur de la
micro-finance, plus proche des populations, voit sa croissance
ralentie pour cause "d'insuffisance dans la gouvernance", selon les
extraits d'un rapport officiel publié jeudi à Bamako et cité vendredi par
l'Agence de presse africaine.
Pour ce qui concerne le cas spécifique du secteur de
la micro-finance, sa croissance se poursuit avec un nombre de
sociétaires passé de 522.002 en 2002 à 819.231 en 2006,
soulignent les auteurs du texte adopté en Conseil des ministres.
Le montant des crédits alloués à la clientèle est
lui aussi en hausse dans le secteur, une courbe de progression de 114%
représentant 56,9 milliards de francs cfa ayant été observée en
2006.
Cependant, selon le gouvernement, le secteur reste
fragile du fait d'une insuffisance de gouvernance, doux euphémisme
désignant manque de professionnalisme, malversations et détournements de
fonds, affirment certaines personnes.
Ainsi, en fin 2006, 24% des institutions affichaient
un résultat déficitaire malgré le niveau élevé des taux d'intérêt
pratiqués dans le secteur, indique le gouvernement.
Par ailleurs, le secteur traditionnel se caractérise
par un faible niveau de bancarisation et le manque d'engouement des
banques pour le financement du secteur rural et celui des petites et
moyennes entreprises.
Peu intéressés par le monde rural, les
établissements bancaires connaissent une forte concentration dans les trois
principales villes du pays (Bamako, Ségou et Sikasso) où sont implantées
69% deleurs agences bancaires.
Pour corriger ces lacunes, la stratégie
de développement du secteur financier sera approfondie à travers un
Plan d'action couvrant la période 2008-2012, a assuré le gouvernement
malien.