MUMBAI, 3 juillet (Xinhua) -- La croissance
économique indienne pour l'année 2008-2009 pourrait ralentir plus que
prévu, sous l'effet de la spirale de l'inflation, de la politique de
durcissement de la banque centrale et de la flambée du prix du
pétrole.
Le taux de l'inflation, qui s'est élevé à 11,42% à
la mi-juin, soit un nouveau record pendant 13 ans, a continué sur sa
lancée, dopée par les coûts énergétiques et alimentaires qui ne cessent
de croître.
Pour contenir l'envolée des prix, le gouvernement a
baissé le tarif d'importation sur l'huile comestible et les produits en
acier, tout en limitant les exportations de ciment, de riz, de blé et
d'huile.
Aux dires du ministre indien des Finances,
Palaniappan Chidambaram, l'inflation pourra maintenir une évolution à deux
chiffres pendant quelques semaines.
Le 5 juin, le gouvernement indien a relevé de 11%
les prix de l'essence, en vue de compenser les pertes massives subies par
les compagnies pétrolières nationales.
Dans son récent discours adressé à la nation, le
Premier ministre indien, Manmohan Singh, a indiqué que la démarche est
inévitable.
"Nos compagnies pétrolières ne peuvent continuer à
encourir des pertes. De cette manière, elles n'auront plus de fonds pour
importer du brut de l'étranger", a-t-il ajouté.
Pour sa part, le parti d'opposition, Bharatiya
Janata (BJP), a mis en cause la prise de position de M. Singh.
"Si un surrenchérissement du carburant est
inévitable, le départ du Premier ministre et de son gouvernement est aussi
inévitable", a fait savoir un porte-parole du parti.
Vu la situation, la banque centrale indienne
a augmenté son taux d'intérêt à un niveau record depuis six ans, ce qui a
en revanche découragé la dépense des consommateurs et
les investissements.