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FAO: La hausse des prix des aliments conduit à une augmentation de 50 millions d'affamés
  2008-07-04 11:08:08  

     BRUXELLES, 3 juillet (Xinhua) -- Le nombre de personnes  souffrant de la faim a augmenté de quelque 50 millions en 2007  comme un résultat de la hausse des prix des denrées alimentaires,  a indiqué jeudi à Bruxelles le directeur général de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO),  Jacques Diouf. 

     "Des pays pauvres sont victimes de graves conséquences de  l'envolée des denrées alimentaires et de l'énergie", a déclaré M.  Diouf lors d'une conférence sur les prix des denrées alimentaires  à Bruxelles.  

     M. Diouf a attribué la crise alimentaire à la hausse de la  demande pour les produits agricoles en raison de la croissance  démographique et du développement économique dans des pays  émergents; à l'expansion rapide des biocarburants; et à l'offre  insuffisance comme la production est défavorablement affectée par  les changements climatiques, en particulier la sécheresse et les  inondations, à un moment où les stocks de céréales sont à leur  plus bas niveau depuis 30 ans.  

     Ces tendances sont exacerbées par des mesures de restriction  prises par certains pays exportateurs pour protéger leurs  consommateurs et la spéculation des fonds hedge, index et d'autres fonds sur les marchés à terme, a-t-il jugé.  

     M. Diouf a demandé à la communauté internationale de travailler ensemble pour trouver des solutions. "Nous avons vivement besoin  de nouveaux partenariats plus solides pour nous attaquer aux  problèmes de sécurité alimentaire de plus en plus graves dans les  pays pauvres. Aucune institution et aucun pays ne seront en mesure de résoudre cette crise. Les pays donateurs, les institutions  internationales, les gouvernements des pays en développement, la  société civile et le secteur privé ont un important rôle à jouer  dans la lutte contre la faim à l'échelle mondiale", a-t-il  souligné. 

     M. Diouf a souligné l'importance pour la communauté  internationale d'accorder une priorité à l'agriculture. "La  situation actuelle est le résultat de la négligence de la  communauté internationale vis-à-vis de l'agriculture des pays en  développement pour longtemps", a-t-il dit.  

     "La part de l'agriculture dans l'aide publique au développement a diminué, passant de 17% en 1980 à seulement 3% en 2006. Les  investissements dans la recherche agricole dans les pays en  développement est au-dessous de 0,6% de leur produit intérieur  brut, contre plus de 5% dans les pays de l'Organisation pour la  coopération et le développement économiques (OCDE)", a-t-il noté.  

     Selon lui, l'encouragement des agriculteurs dans les pays en  développement, à travers l'apport de semences et d'engrais,  devrait être une priorité, afin d'augmenter la production agricole dans les pays les plus pauvres. Fournir la balance des paiements  et du soutien budgétaire aux pays déficitaires de céréales devait  être également une autre priorité, a-t-il relevé.  

     "A moyen et à long termes, l'accent devrait être mis sur le  renforcement des investissements dans l'agriculture, aussi bien  publics et privés, pour améliorer les infrastructures rurales et  permettre aux petits agriculteurs de bénéficier d'opportunités de  marché. Cela devrait être accompagné du développement des  capacités instutionnelles pour assurer la durabilité du  développement de l'agriculture", a estimé M. Diouf.  

     Pour réduire le nombre de personnes sous-alimentées dans le  monde et répondre à la demande croissante, la production de  céréales devra doubler d'ici 2050. L'augmentation de la production doit s'avérer principalement dans les pays en développement où  vivent les pauvres et les affamés et où est prévue plus de 95% de  la croissance démographique, a-t-il enfin souligné.