BRUXELLES, 3 juillet (Xinhua) -- Le nombre de
personnes souffrant de la faim a augmenté de quelque 50 millions en 2007
comme un résultat de la hausse des prix des denrées alimentaires, a
indiqué jeudi à Bruxelles le directeur général de l'Organisation des
Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), Jacques
Diouf.
"Des pays pauvres sont victimes de graves
conséquences de l'envolée des denrées alimentaires et de l'énergie", a
déclaré M. Diouf lors d'une conférence sur les prix des denrées
alimentaires à Bruxelles.
M. Diouf a attribué la crise alimentaire à la hausse
de la demande pour les produits agricoles en raison de la croissance
démographique et du développement économique dans des pays
émergents; à l'expansion rapide des biocarburants; et à l'offre
insuffisance comme la production est défavorablement affectée par
les changements climatiques, en particulier la sécheresse et les
inondations, à un moment où les stocks de céréales sont à leur plus
bas niveau depuis 30 ans.
Ces tendances sont exacerbées par des mesures de
restriction prises par certains pays exportateurs pour protéger leurs
consommateurs et la spéculation des fonds hedge, index et
d'autres fonds sur les marchés à terme, a-t-il jugé.
M. Diouf a demandé à la communauté internationale de
travailler ensemble pour trouver des solutions. "Nous avons vivement besoin
de nouveaux partenariats plus solides pour nous attaquer aux
problèmes de sécurité alimentaire de plus en plus graves dans les
pays pauvres. Aucune institution et aucun pays ne seront en mesure de
résoudre cette crise. Les pays donateurs, les institutions
internationales, les gouvernements des pays en développement, la
société civile et le secteur privé ont un important rôle à jouer
dans la lutte contre la faim à l'échelle mondiale", a-t-il
souligné.
M. Diouf a souligné l'importance pour la communauté
internationale d'accorder une priorité à l'agriculture. "La
situation actuelle est le résultat de la négligence de la communauté
internationale vis-à-vis de l'agriculture des pays en développement pour
longtemps", a-t-il dit.
"La part de l'agriculture dans l'aide publique au
développement a diminué, passant de 17% en 1980 à seulement 3% en 2006. Les
investissements dans la recherche agricole dans les pays en
développement est au-dessous de 0,6% de leur produit intérieur brut,
contre plus de 5% dans les pays de l'Organisation pour la coopération et
le développement économiques (OCDE)", a-t-il noté.
Selon lui, l'encouragement des agriculteurs dans les
pays en développement, à travers l'apport de semences et d'engrais,
devrait être une priorité, afin d'augmenter la production
agricole dans les pays les plus pauvres. Fournir la balance des paiements
et du soutien budgétaire aux pays déficitaires de céréales devait
être également une autre priorité, a-t-il relevé.
"A moyen et à long termes, l'accent devrait être mis
sur le renforcement des investissements dans l'agriculture, aussi bien
publics et privés, pour améliorer les infrastructures rurales et
permettre aux petits agriculteurs de bénéficier d'opportunités de
marché. Cela devrait être accompagné du développement des capacités
instutionnelles pour assurer la durabilité du développement de
l'agriculture", a estimé M. Diouf.
Pour réduire le nombre de personnes
sous-alimentées dans le monde et répondre à la demande croissante, la production
de céréales devra doubler d'ici 2050. L'augmentation de
la production doit s'avérer principalement dans les pays en développement
où vivent les pauvres et les affamés et où est prévue plus de 95% de
la croissance démographique, a-t-il enfin souligné.