NAIROBI 2 juillet (Xinhua) -- Les parlementaires
kenyans ont approuvé mercredi à l'unanimité une motion de censure à
l'encontre du ministre des Finances Amos Kimunya sur la vente controversée
d'un hôtel de luxe situé dans le centre de Nairobi.
La dernière évolution au Parlement ne laisse pas au
président Mwai Kibaki d'autre choix que de licencier le ministre, qui
était jusqu'à mercredi sous forte pression pour la vente controversée à
une société libyenne de l'hôtel Grand Regency considéré comme un
symbole de corruption rampante de l'ère de Daniel arap Moi,
ancien président kenyan.
"Pour mettre fin à la grande corruption à la
trésorerie, Kimunya doit quitter son poste. Je voudrais lancer un appel à
l'autorité de nomination pour leur faire savoir qu'il y a 224
membres au Parlement qui peuvent remplacer Kimunya au poste de
ministre des Finances", a déclaré le député Bonny Khalwale, qui a
présenté la motion.
La majorité des députés qui ont voté pour la motion
de censure ont appelé Kimunya à démissionner afin de protéger l'intégrité
du gouvernement de coalition.
Les députés ont accusé le ministre des Finances
d'avoir été de mèche avec des personnes sans titre pour tromper les
Kenyans et les investisseurs lors de la vente récenmment conclue du plus
grand fournisseur de service de téléphone mobile du Kenya, Safaricom
Initial Public Offering.
"Kimunya est impliqué dans plusieurs affaires
véreuses au ministère des Finances, dont la dernière vente de l'hôtel
Grand Regency.
Après quelques mois de démenti, Kimunya a été forcé
de reconnaître la semaine dernière que l'hôtel de luxe a été vendu à
2,9 milliards de shillings (environ 45 millions de dollars) -- un
prix qui est estimé à moins de la moitié de la valeur du marché.
La vente de l'hôtel a provoqué des réactions de
colère à travers le pays avec les appels à la démission de Kimunya.
Ce scandale intervient au moment où le président
Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga s'efforcent d'attirer les
investissements étrangers pour reconstruire le pays ravagé par
les violences post-élection qui ont fait au moins 1 000 morts et des
centaines de miliers de personnes déplacées.
L'affaire impliquant les investisseurs libyens a
aussi accentué des soupçons de corruption à grande échelle après une
série de scandales dans le pays cité par plusieurs investisseurs
étrangers comme le pays ayant un effet dissuasif majeur sur
l'investissement.
Kibaki et Odinga ont formé un gouvernement de
coalition en février dernier après les élections contestées du 27
décembre.
La crise a éclaté après que Kibaki ait remporté
un second mandat de cinq ans aux élections jugées frauduleuses par
M. Odinga.