DAKAR, 2 juillet (Xinhua) -- Le chef de l'Etat
mauritanien, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, a menacé de dissoudre le
Parlement si les députés font aboutir leur motion de censure contre
le gouvernement.
Il a appelé, dans un discours à la nation mercredi,
les députés frondeurs à revoir leur position au sujet de cette motion de
censure.
Ould Cheikh Abdallahi a aussi réitéré sa confiance
dans "les officiers supérieurs" dont certains sont soupçonnés d'appuyer
les députés dépositaires de la motion, qui appartiennent en majorité
écrasante au Pacte national pour la démocratie et le
développement (PNDD-ADIL, au pouvoir) dirigé par Yahaya Ould Ahmed El
Waghev, actuel Premier ministre.
Tout en reconnaissant aux parlementaires leur droit
de faire tomber le gouvernement, Ould Cheikh Abdallahi s'est interrogé sur
les "véritables mobiles" de cette démarche.
Au total 39 députés avaient déposé lundi une motion
de censure contre le gouvernement de Ould El Waghev, nommé il y a moins de
deux mois.
Le président mauritanien s'est dit en outre étonné
que l'on amorce une telle mesure à l'encontre d'un gouvernement qui n'a
pas encore présenté son programme devant le Parlement.
La motion requiert la majorité simple de 48 députés
(sur 95) pour être approuvée. Une majorité qui semble largement acquise à
moins que des développements de dernière heure n'interviennent avant
le vote.
Le Rassemblement des forces démocratiques
(RFD) d'Ahmed Ould Daddah (18 députés, opposition) avait déjà exprimé son
appui à la motion.