ROME, 4 juillet (Xinhua) -- La dégradation des
terres s' intensifie dans plusieurs parties du monde alors qu'environ 1,5
milliard de personnes, soit le quart de la population mondiale,
dépendent directement de terres qui se dégradent, selon une étude
rendue publique mercredi par la FAO et qui s'appuie sur des données
prélevées sur une période de 20 ans.
Définie comme un déclin à long terme de la fonction
et de la productivité d'un écosystème, la dégradation des terres augmente
en sévérité et extension dans plusieurs régions dans les proportions
suivantes: plus de 20% pour toutes les terres cultivées, 30% pour les
forêts et 10% pour les pâturages.
Les conséquences de cette dégradation comprennent
notamment la diminution de la productivité agricole, la migration,
l'insécurité alimentaire, les dégâts aux ressources et aux écosystèmes de
base et la perte de la biodiversité du fait des changements subis par
l' habitat aussi bien au niveau des espèces qu'au niveau génétique.
"La dégradation des terres a également des
implications importantes sur l'atténuation et l'adaptation au changement
climatique, la perte de biomasse et de matière organique du sol
rejette du carbone dans l'atmosphère et affecte la qualité du sol et
sa capacité à maintenir l'eau et les nutriments des plantes", indique
Parviz Koohafkan, Directeur de la Division des terres et de l'eau à la
FAO.
Les données montrent qu'en dépit de la détermination
affichée par 193 Etats ayant ratifié la Convention des Nations Unies pour
la lutte contre la désertification de 1994, la dégradation des
terres, au lieu de s'améliorer, s'aggrave.
Environ 22% des terres qui se dégradent se trouvent
dans des zones très arides ou arides-subhumides, alors que 78% sont
situées dans des régions humides. L'étude révèle que la principale cause
de la dégradation est la mauvaise gestion des terres.
En comparaison avec les évaluations précédentes,
l'étude montre que, depuis 1991, la dégradation des terres a touché de
nouvelles zones alors que d'autres zones historiquement dégradées étaient
si gravement touchées qu'elles se sont aujourd'hui stabilisées après
avoir été abandonnées ou gérées à de faibles niveaux de
productivité.
Les données sur la dégradation des terres au niveau
mondial font partie d'une étude diffusée par la FAO, le PNUE et World
Soil Information (ISRIC). L'étude, financée par le Fonds pour l'
environnement mondial, s'intitule Land Degradation Assessment in
Drylands (LADA).
Parallèlement, des points positifs ont été
identifiés par l' étude, à savoir que la terre est utilisée de manière
durable (19% des terres agricoles) ou qu'elle s'améliore en qualité et
productivité (10% des forêts et 19% des pâturages).
La grande partie des améliorations observées dans
les terres agricoles est associée à l'irrigation. On a également observé
des progrès dans l'agriculture pluviale et les prairies des grandes
plaines de l'Amérique du Nord et de l'Inde occidentale.
Le couvert forestier s'est également amélioré,
notamment du fait de l'augmentation des plantations surtout en Europe et
en Amérique du Nord alors que dans le nord de la Chine les projets
de bonification des terres ont contribué à l'amélioration de la
situation.
L'étude montre que la dégradation des terres
demeure une priorité qui nécessite une attention renouvelée de la part
des individus, des communautés et des gouvernements.