NEW DELHI, 2 juillet (Xinhua) -- Les pays
industrialisés doivent honorer leurs engagements dans la lutte contre le
changement climatique plutôt que de demander aux pays comme l'Inde et
la Chine de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, a déclaré
mercredi un haut responsable indien.
Les objectifs annoncés par les pays développés,
faute d'un calendrier contraignant sur la réduction des émissions, ne
signifient pas grand chose, a indiqué le négociateur principal du
Premier ministre indien sur le dossier climatique, Shyam Saran.
Il s'est exprimé ainsi tandis que les dirigeants de
16 économies majeures devraient signer une déclaration dans une
semaine sur la lutte contre le changement climatique.
Conformément à la Convention sur les changements
climatiques (CNUCC), 1990 est fixé comme l'année à partir de laquelle
débutera la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
"Nous allons résister à toute tentative unilatérale
d'essayer de reporter les objectifs à des dates ultérieures", a souligné
M. Saran.
En l'absence d'une date butoir, la déclaration des
pays développés sur l'objectif de réduire de moitié les émissions de
gaz à effet de serre d'ici 2050 n'aura pas de sens, a noté le
négociateur.
M. Saran a mis en cause la feuille de route adoptée
par les pays industrialisés pour atteindre leur objectif en 2050, compte
tenu du fait que la plupart d'entre eux n'observeront
probablement pas leurs engagements actuels pour la période entre 2007 et
2012.
En ce qui concerne les critiques sur le non respect
des obligations sur la réduction des émissions par l'Inde elle-même,
M. Saran a déclaré : "Nous n'entendons pas annoncer des objectifs
que nous n'avons pas l'intention d'atteindre simplement pour éviter
des pressions".
"Nous souhaitons que les pays industrialisés
développés puissent assumer les obligations qu'ils ont adoptées avant de
commencer à montrer du doigt les pays comme l'Inde", a martelé M.
Saran.
Il a déploré que peu de progrès ait été réalisés
dans les négociations internationales sur le changement climatique depuis
le sommet de la CNUCC tenu à Bali en décembre dernier, se déclarant
toutefois optimiste sur la conclusion d'un accord avant fin 2009.
M. Saran devrait transmettre, lors du
prochain rendez-vous des économies majeures au Japon, un fort message aux
parties intéressées pour qu'elles se rendent compte de l'urgence et
de l'importance de ce dossier.