BUENOS AIRES, 1er juillet (Xinhua) --- Les
dirigeants latino-américains ont exprimé mardi leur "profond rejet" de la
politique d'immigration adoptée récemment par l'Union européenne
(UE).
Les présidents des pays membres permanents et
associés du Marché de la communauté économique des pays de l'Amérique du
Sud (Mercosur) ont rejeté toute tentative de criminaliser la
migration irrégulière et l'adoption des politiques d'immigration
restrictive, en particulier contre les personnes les plus vulnérables de la
société, c'est à dire les femmes et enfants", a dit un communiqué
publié au sommet du Mercosur.
Le 35e sommet du Mercosur de deux jours à San Miguel
de Tucuman (Argentine) au pied des Andes, a rassemblé les président
du Brésil, de l'Argentine, de Bolivie, du Chili, de l'Uruguay, du
Paraguay et du Venezuela.
Ils ont appelé l'UE à respecter les droits de
l'Homme, disant que la loi de "directive de retour" récemment approuvée
par le Parlement européen a été promulguée par "des pays qui étaient
traditionnellement générateurs de courants de migration".
L'Amérique latine a accueilli avec "générosité et
solidarité" des millions de migrants européens les siècles précédents",
donc la décision de l'UE provoque la colère, a dit le communiqué.
La nouvelle loi de l'UE veut renforcer ses mesures
d'immigration permettant aux autorités de détenir les immigrants
clandestins jusqu'à 18 mois avant expulsion.
Selon la Commission européenne, il y a 8 millions
d'immigrants clandestins au sein de l'UE.
La loi, qui pourrait entrer en vigueur en 2010, a
provoqué de fortes critiques en Amérique latine.
Le président bolivien Evo Morales a déclaré mardi
qu'il ne "partage pas l'idée de nos hommes politiques d'exprimer nos
"préoccupations profondes" pour éviter l'usage de mots durs " sur
cette question.
Lorsque des migrants européens sont arrivés en
Amérique, "ils ont pris possession de milliers d'hectares de terres, des
mines, des ressources naturelles et ont exploité notre peuple", alors
qu'au contraire, le peuple latino-américain en Europe "
n'exploite personne, (et) il ne prend pas possession de milliers d'hectares
de terres et de mines, il ne détruit pas les ressources naturelles",
a souligné M. Morales.
La présidente chilienne Michelle Bachelet a déclaré
que les dirigeants latino-américains "sont en train de s'exprimer d'une
seule et même voix " contre la loi.
"Nous étions très généreux avec les Européens qui
sont arrivés sur nos terres le siècle dernier, et la vérité est qu'il n'est
pas juste pour notre peuple d'obtenir un traitement dénigrant", s'est
plainte Mme Bachelet.
Leur position a été relayée par le président
uruguayen Tanbare Vazquez, qui a dit que le peuple latino-américain "est
particulièrement blessé par le fait qu'ils essaient de créer des
discriminations contre nous et ne respectent pas les droits de
l'Homme des Latino-Américains qui ont dû aller chercher d'autres
terres comme les grands-parents des Européens ont fait à d'autres
moments.
La présidente argentine Cristina Fernandez de
Kirchner a considéré la nouvelle mesure comme inacceptable qui "nous
ramène au temps de la xénophobie que nous pensions loin derrière
nous.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a comparé cette
politique à la barrière qui est construites par les Etats-Unis le long de
sa frontière du sud avec le Mexique, et la qualifie de décision
"honteuse".
"Peut-être les Européens veulent suivre l'exemple
des Etats-Unis et construire un mur dans l'Océan Atlantique", a
ajouté M. Chavez.
Le président équatorien Rafael Correa a jugé la
politique de l'UE de "directive scandaleuse" qui incarne le racisme et la
discrimination.
Etabli en 1991, le Mercosur regroupe le Brésil,
l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay, alors que le Venezuela a signé un
accord d'adhésion en 2007 mais il n'a pas encore terminé le processus
pour devenir membre permanent.
Ses membres associés sont la Bolivie, le Chili,
la Colombie, le Pérou et l'Equateur.