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Les dirigeants latino-américains rejettent la nouvelle politique  d'immigration de l'UE
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Les dirigeants latino-américains rejettent la nouvelle politique  d'immigration de l'UE
  2008-07-02 13:52:32  

     BUENOS AIRES, 1er juillet (Xinhua) --- Les dirigeants  latino-américains ont exprimé mardi leur "profond rejet" de la  politique d'immigration adoptée récemment par l'Union européenne  (UE). 

     Les présidents des pays membres permanents et associés du  Marché de la communauté économique des pays de l'Amérique du Sud  (Mercosur) ont rejeté toute tentative de criminaliser la migration irrégulière et l'adoption des politiques d'immigration restrictive, en particulier contre les personnes les plus vulnérables de la  société, c'est à dire les femmes et enfants", a dit un communiqué  publié au sommet du Mercosur. 

     Le 35e sommet du Mercosur de deux jours à San Miguel de  Tucuman (Argentine) au pied des Andes, a rassemblé les président  du Brésil, de l'Argentine, de Bolivie, du Chili, de l'Uruguay, du  Paraguay et du Venezuela. 

     Ils ont appelé l'UE à respecter les droits de l'Homme, disant  que la loi de "directive de retour" récemment approuvée par le  Parlement européen a été promulguée par "des pays qui étaient  traditionnellement générateurs de courants de migration". 

     L'Amérique latine a accueilli avec "générosité et solidarité"  des millions de migrants européens les siècles précédents", donc  la décision de l'UE provoque la colère, a dit le communiqué. 

     La nouvelle loi de l'UE veut renforcer ses mesures  d'immigration permettant aux autorités de détenir les immigrants  clandestins jusqu'à 18 mois avant expulsion. 

     Selon la Commission européenne, il y a 8 millions d'immigrants  clandestins au sein de l'UE. 

     La loi, qui pourrait entrer en vigueur en 2010, a provoqué de  fortes critiques en Amérique latine. 

     Le président bolivien Evo Morales a déclaré mardi qu'il ne  "partage pas l'idée de nos hommes politiques d'exprimer nos  "préoccupations profondes" pour éviter l'usage de mots durs " sur  cette question.  

     Lorsque des migrants européens sont arrivés en Amérique, "ils  ont pris possession de milliers d'hectares de terres, des mines,  des ressources naturelles et ont exploité notre peuple", alors  qu'au contraire, le peuple latino-américain en Europe " n'exploite personne, (et) il ne prend pas possession de milliers d'hectares  de terres et de mines, il ne détruit pas les ressources  naturelles", a souligné M. Morales. 

     La présidente chilienne Michelle Bachelet a déclaré que les  dirigeants latino-américains "sont en train de s'exprimer d'une  seule et même voix " contre la loi. 

     "Nous étions très généreux avec les Européens qui sont arrivés sur nos terres le siècle dernier, et la vérité est qu'il n'est pas juste pour notre peuple d'obtenir un traitement dénigrant", s'est  plainte Mme Bachelet. 

     Leur position a été relayée par le président uruguayen Tanbare Vazquez, qui a dit que le peuple latino-américain "est  particulièrement blessé par le fait qu'ils essaient de créer des  discriminations contre nous et ne respectent pas les droits de  l'Homme des Latino-Américains qui ont dû aller chercher d'autres  terres comme les grands-parents des Européens ont fait à d'autres  moments. 

     La présidente argentine Cristina Fernandez de Kirchner a  considéré la nouvelle mesure comme inacceptable qui "nous ramène  au temps de la xénophobie que nous pensions loin derrière nous. 

     Le président vénézuélien Hugo Chavez a comparé cette politique à la barrière qui est construites par les Etats-Unis le long de sa frontière du sud avec le Mexique, et la qualifie de décision  "honteuse". 

     "Peut-être les Européens veulent suivre l'exemple des  Etats-Unis et construire un mur dans l'Océan Atlantique", a ajouté M. Chavez. 

     Le président équatorien Rafael Correa a jugé la politique de  l'UE de "directive scandaleuse" qui incarne le racisme et la  discrimination. 

     Etabli en 1991, le Mercosur regroupe le Brésil, l'Argentine,  l'Uruguay et le Paraguay, alors que le Venezuela a signé un accord d'adhésion en 2007 mais il n'a pas encore terminé le processus  pour devenir membre permanent. 

     Ses membres associés sont la Bolivie, le Chili, la Colombie,  le Pérou et l'Equateur.