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Nouvelle enquête de la police chinoise sur la mort d'une lycéenne
  2008-07-02 13:43:09  

     GUIYANG, 2 juillet (Xinhua) -- La police dans le sud-ouest de  la Chine a rouvert l'enquête sur la mort d'une jeune fille, qui a  déclenché samedi des protestations violentes impliquant jusqu'à 30 000 personnes.  

     La police de la province du Guizhou a rendu public des détails  sur la mort de Li Shufen, lycéenne de 17 ans d'origine du district de Weng'an, lors d'une conférence de presse mardi soir à Guiyang,  capitale provinciale.  

     Selon Wang Xingzheng, porte-parole du département provincial de la Sécurité publique, Li était avec son copain Chen Guangquan et  deux autres personnes avant qu'elle s'est jetée dans une rivière  et s'est noyée la nuit du 21 juin. Les trois autres personnes ont  tenté de la sauver, mais en vain. Le corps de la lycéenne a été  retrouvé le 22 juin, à 03H00 du matin.  

     Wang n'a pas donné le motif du suicide suspect, mais des  sources policières ayant des contacts avec des témoins ont déclaré à l'Agence de presse Xinhua (Chine Nouvelle) que Li voulait se  donner la mort pour raison du mauvais traitement de sa famille.  

     Les explications officielles de la mort de Li ont été rejetées  par les membres de sa famille, tandis que d'autres croyaient que  la jeune fille était violée et tuée par des gens qui ont des liens avec des officiels du gouvernement et de la police locaux.  

     Lors de la conférence de presse, Wang Daixing, enquêteur  judiciaire, a affirmé qu'aucune évidence montrait que Li avait eu  des rapports sexuels ou été violée avant sa mort.  

     Une troisième autopsie devait être effectuée mardi soir par des médecins légistes envoyés par le gouvernement provincial, et les  résultats seront publiés bientôt, a indiqué Wang.  

     Le porte-parole du département provincial de la Sécurité  publique a insisté sur le fait que les trois personnes qui  restaient à la dernière minute avec Li, à savoir: Wang Jiao, Liu  Yanchao et Chen Guangquan, habitaient de villages de la région et  n'avaient aucun lien avec les officiels. 

     Pourtant des doutes sur la mort de la jeune fille se sont  accumulés pour déclencher une protestation de masse. Les  confrontations entre la police et les proches de la lycéenne  décédée ont provoqué la colère du public. 

     Certains manifestants sont des élèves d'une école où travaille  l'oncle de la lycéenne, Li Xiuzhong, qui a été hôspitalisé. Il a  été gravement battu par des gens non identifiés dans la rue, quand il a quitté le commissariat de police après avoir affronté le  policier Zhang Min dans le Bureau de la sécurité publique du  district.  

     "Nous ne s'attendons jamais à un tel grave conflit. Ce n'était  pas ce que nous souhaitions ni ce que nous pouvions contrôler", a  indiqué mardi Li sur son lit d'hôpital.  

     "Ma nièce est décéde dans une circonstance tellement  inintelligible et nous demandons simplement une enquête  approfondie et un résultat convaincant", a-t-il ajouté.  

     La grand-mère de la jeune fille, Lu Xiuzhen, qui avait été  interviewée par l'agence Xinhua plus tôt, a dit qu'"il faut avoir  une explication. Il est impossible qu'elle (la jeune fille) puisse se jeter dans la rivière et se suicider. Nous ne pouvons pas  l'accepter".  

     Selon la grand-mère, le père de la jeune fille s'est rendu à  Guiyang, capitale provinciale, pour présenter une pétition, tandis que la mère "est devenue folle" après cet incident.  

     Samedi à 16H00, les membres de la famille de la lycéenne,  suivis par quelque 300 manifestants, ont entamé une marche avec  des pancartes sur lesquelles on lit "Rendre la justice au peuple"  et "Pétition pour le peuple". Ils ont été rapidement rejoints par  des milliers de personnes dans la rue. La foule en colère ont  attaqué et mis le feu aux bâtiements abritant le Bureau de la  Sécurité publique et le gouvernement du district.  

     Plus de 150 policiers et manifestants ont été blessés, mais  aucun mort n'a été rapporté. Environ 160 bureaux et 42 véhicules  du gouvernement local ont été brûlés. 50 personnes, dont des  délinquants locaux, ont été détenus par la police, a précisé le  porte-parole du département provincial de la Sécurité publique.  

     Selon le secrétaire du Comité du Parti pour cette province Shi  Zongyuan, l'incident est parti d'une cause simple, mais utilisé et incité par une poignée de gens qui ont des arrière-pensées.  

     Il a appelé à une punition sévère contre les organisateurs, les meneurs et les principaux émeutiers, et à un avertissement verbal  à l'adresse des participants adolescents.  

     Derrière la protestation violente, il doit avoir des raisons  enracinées au-delà de la mort de la jeune fille, a poursuivi Shi  en énumérant des disputes sur les mines, la migration, le  relogement d'habitants locaux à cause de projets de la  construction et d'autres problèmes auxquels on n'a pas accordé  suffisamment d'attention depuis un certain moment.  

     Il a critiqué à cette occasion des officiels locaux dont les  défauts ont mécontenté des habitants. "Nous devons tirer la leçon  de ces problèmes dévoilés", a-t-il dit.