DAKAR, 2 juillet (Xinhua) -- Amnesty International a
deploré mardi à Nouakchott (Mauritanie) les "effets pervers" de la
politique de l'Unioneuropéenne en matière de migration, rapporte
l'Agence de presse africaine.
"Je suis étonné que l'UE demande à la Mauritanie
d'expulser des gens, dont le seul grief est d'avoir tenté de quitter son
territoire", s'est indigné Gaetan Motoo, chercheur spécialiste de
l'Afrique de l'Ouest à Amnesty Intenational, lors d'une conférence de
presse à Nouakchott.
"J'ai observé des populations tchadiennes qui
recevaient des milliers de réfugiés soudanais, sans aucune réaction
d'hostilité alors qu'on parle d'invasion quand quelques dizaines
d'africains tentent d'entrer en Europe", a-t-il souligné.
M. Motoo qui donnait son point de presse au siège du
Forum national des organisations de droits de l'homme (FONADH) a
souhaitéque l'Union africaine exige de l'Union européenne, une
position plus positive par rapport à la question migratoire, dès
lors que les Européens interpellent l'Afrique sur des questions
internes comme l'affaire Robert Mugabe au Zimbabwe.
Il a salué à ce sujet, la réaction d'un député
mauritanien qui, lors de discussions au sein du Parlement, a lancé aux
représentantsdu gouvernement: "Ne nous obligez pas à être le
gendarme des Européens".
Au cours de la même conférence de presse, Radhia
Nasraoui, avocate et présidente de l'Association de lutte contre la
torture en Tunisie, a appelé à protéger et à s'abstenir de renvoyer dans
leurs pays, les personnes qui risquent d'y subir la torture.
Elle a aussi réclamé, que les migrants
clandestins détenus soient assistés d'un avocat et d'un interprète aux frais
des Etats, tout en rappelant que la Mauritanie a ratifié la Convention
des Nations Unies contre la torture.