NEW YORK (Nations Unies), 1er juillet (Xinhua) --
Face aux sévères restrictions de crédit, à l'inflation galopante et aux
emplois précaires, l'ONU appelle dans son dernier rapport sur la
situation économique et sociale dans le monde à une nouvelle
réflexion sur les politiques pour faire face à l'insécurité
économique.
"Ce rapport est un appel pour une nouvelle
coopération internationale, un nouveau Bretton Woods, un nouveau Plan
Marshall, et un nouveau New Deal", a lancé Jomo Kwame Sundaram,
Sous- Secrétaire général chargé du développement économique, à
l'occasion d'une conférence de presse.
Publié par le Département des affaires économiques
et sociales, le rapport signale que l'insécurité est ressentie avec une
acuité particulière dans les pays les plus pauvres, tandis que
l'optimisme récent s'est changé en anxiété devant la sévère perte de
vitesse qu'accuse l'économie mondiale.
"Alors que le travail de l'ONU s'attaque le plus
souvent à des problèmes liés à l'insécurité politique, il est important de
reconnaître la relation qui peut exister entre l'insécurité
politique et d'autres types d'insécurité, notamment l'insécurité
économique", a-t-il ajouté.
Pour Jomo Kwame Sundaram, les insécurités
économiques cumulées au cours des dernières décennies ont culminé en une
"parfaite tempête" dont l'actuelle crise alimentaire est l'illustration la
plus flagrante.
Le nouveau rapport, intitulé "La situation
économique et sociale dans le monde, 2008 - Remédier à l'insécurité
économique", aborde des questions macroéconomiques, notamment les
conséquences des chocs boursiers et les mesures que les pays appliquent
pour tenter de se protéger de l'instabilité des marchés.
Il examine également les répercussions économiques
des désastres climatiques, des guerres civiles et du redressement
post- conflit, rappelant que l'économie fait partie intégrante des
conditions nécessaires pour établir la paix.
Ce document signale, par exemple, que face à cette
situation d'insécurité économique, la population a tendance à centrer ses
efforts sur le court terme et non plus à investir dans l'avenir, ce
qui risque de provoquer des instabilités politiques.
Il fait également part de certains paradoxes,
notamment la stagnation actuelle des taux moyens d'investissement,
comparée aux importants flux d'investissement financier dans le
monde.
Parmi ses recommandations, le rapport souligne
l'importance d'appliquer dans les pays en développement une politique
macroéconomique plus centrée sur le développement et moins sur la
stabilisation de l'inflation.
Il rappelle également la nécessité de mettre
en place des systèmes de contrôle multilatéraux et d'améliorer
la réglementation des mécanismes financiers.